Minneapolis sous tension après une seconde fusillade mortelle impliquant la police de l’immigration

Plus de deux semaines après la mort de la militante anti ICE Renee Good, un nouvel homme a été abattu par des agents fédéraux à Minneapolis. La répétition des fusillades impliquant la police de l’immigration fait basculer la ville dans une crise ouverte avec l’administration Trump.

4 minutes de lecture
ice

Samedi matin, un homme de 37 ans a été tué par des agents fédéraux déployés à Minneapolis lors d’une tentative d’interpellation. Selon les autorités, les faits se sont produits dans le sud de la ville, alors que la police fédérale de l’immigration menait une opération ciblée. Très rapidement, des images filmées par des témoins ont circulé sur les réseaux sociaux, montrant plusieurs agents masqués tentant de maîtriser l’homme au sol, avant qu’une rafale de tirs ne retentisse.

Quelques minutes plus tard, une centaine de manifestants se sont rassemblés sur les lieux. Des affrontements violents ont éclaté avec les forces de l’ordre, marquant une nouvelle étape dans la contestation de la présence fédérale à Minneapolis.

Une opération de l’ICE qui dégénère

Dans un communiqué, le département de la Sécurité intérieure affirme que les agents tentaient d’arrêter une personne en situation irrégulière recherchée pour une agression. L’homme tué se serait approché des agents armé d’un pistolet semi automatique de calibre 9 mm. Les policiers disent avoir tenté de le désarmer avant de faire usage de leurs armes.

Cette version est vivement contestée par plusieurs témoins. Les vidéos diffusées montrent une scène confuse, où l’homme est plaqué au sol par plusieurs agents cagoulés, tandis qu’une dizaine de coups de feu sont tirés à très courte distance. Les autorités locales ont annoncé l’ouverture d’une enquête indépendante.

Une ville sous tension depuis la mort de Renee Good

Cette nouvelle fusillade intervient dans un climat déjà extrêmement dégradé. Début janvier, Renee Good, militante anti ICE, avait été mortellement touchée lors d’une autre opération fédérale. Sa mort avait déclenché plusieurs jours de manifestations dans cette ville historiquement marquée par les violences policières, depuis la mort de George Floyd en 2020.

Depuis, Minneapolis est devenue un symbole de la contestation contre la stratégie migratoire de l’administration Trump. La présence visible d’agents fédéraux, souvent masqués et lourdement armés, est perçue par une partie de la population comme une provocation et une mise sous tutelle de la ville par Washington.

Affrontements et fractures politiques

Après la fusillade de samedi, la mobilisation est rapidement montée en intensité. Gaz lacrymogène, grenades assourdissantes et arrestations ont été signalés en marge des manifestations. Plusieurs élus municipaux ont dénoncé une escalade délibérée de la part du gouvernement fédéral.

Le maire de Minneapolis a appelé à la désescalade et demandé le retrait des forces de l’immigration, estimant que leur présence alimente le chaos. À l’inverse, l’administration Trump défend l’action de ses agents et accuse les autorités locales démocrates de tolérer un climat hostile à l’application de la loi.

Minneapolis, nouveau front du bras de fer migratoire

Au delà du fait divers, Minneapolis est devenue un terrain d’affrontement politique majeur autour de la question migratoire. L’administration Trump assume une stratégie de démonstration de force dans plusieurs bastions démocrates, au risque d’attiser des révoltes locales.

La répétition des fusillades mortelles, en l’espace de quelques semaines, fait craindre une spirale incontrôlable. Dans une ville déjà marquée par des traumatismes récents, la défiance envers la police fédérale atteint un niveau critique, laissant planer le spectre d’une crise durable entre pouvoir fédéral et autorités locales.

Partager cet article
Laisser un commentaire