Le Sénat en vigie de l’exécution du budget 2026, prévient Gérard Larcher

Critique d’un budget jugé « mauvais » et adopté sans vote à l’Assemblée, le président du Sénat promet un contrôle étroit de son exécution. À droite, l’hypothèse d’un rejet pur et simple du texte reste ouverte.

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Gérard Larcher

Le président du Sénat Gérard Larcher a durci le ton contre le budget de l’État pour 2026. Dans un entretien publié samedi par le Journal du Dimanche, le responsable Les Républicains a qualifié le texte de « mauvais budget », dénonçant une « co construction avec le Parti socialiste » qui, selon lui, « n’apporte pas les solutions dont le pays a besoin ».

Adopté à l’Assemblée nationale par le recours à l’article 49.3, le projet budgétaire est désormais de retour au Sénat, dominé par la droite et les centristes. Gérard Larcher assure que la chambre haute entend jouer pleinement son rôle de contre pouvoir. « Nous mettrons immédiatement en place un suivi très attentif de l’exécution budgétaire, point par point et sur pièces. Nous serons agents de surveillance, et non agents de constatation », prévient il.

Le choix de ne pas censurer le gouvernement

Interrogé sur la décision des députés LR de ne pas voter la motion de censure après l’engagement du 49.3 par le Premier ministre Sébastien Lecornu, Gérard Larcher assume une ligne de crête. « La logique, c’est la censure. La raison, c’est de ne pas la voter », explique t il, invoquant le risque d’instabilité politique et les incertitudes pesant sur les entreprises.

Le président du Sénat justifie également ce choix par la nécessité de préserver le financement de la défense, dans un contexte international tendu. Vendredi, la motion de censure déposée après le premier 49.3 n’a pas été adoptée. Le gouvernement a depuis engagé un second 49.3 sur la partie dépenses du budget, sans que sa survie paraisse menacée à ce stade.

Une motion de rejet à l’étude au Sénat

Au Palais du Luxembourg, la droite envisage désormais l’option de la « question préalable », qui permettrait de rejeter le texte avant même l’examen de son contenu. « Qu’apporterait la poursuite des débats alors que tout est déjà ficelé dans ce budget de co construction ? », interroge Gérard Larcher, tout en précisant que cette procédure « ne vaut pas approbation du budget », mais permettrait selon lui « d’en finir ».

Le projet budgétaire prévoit un déficit public de 5 % du produit intérieur brut en 2026. Un niveau que Gérard Larcher juge préoccupant, regrettant que « plus personne ne parle des 4,7 % de déficit », référence à des objectifs antérieurement affichés par l’exécutif.

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