Le pas de tir était silencieux, la neige compacte, le ciel limpide au-dessus d’Anterselva. Et pourtant, à l’arrivée du sprint féminin (7,5 km), c’est une clameur tricolore qui a dominé l’arène italienne.
Océane Michelon est devenue vice championne olympique, battue d’un peu plus de trois secondes par la Norvégienne Maren Kirkeeide. Sur la troisième marche, Lou Jeanmonnot a confirmé la densité exceptionnelle du collectif français.
Une dernière boucle fatale
Impeccable au tir avec un 10 sur 10, Michelon s’est élancée dans la dernière boucle avec un peu plus de neuf secondes d’avance sur Kirkeeide. « Je savais qu’elle revenait fort, mais je voulais rester dans ma bulle », racontera-t-elle plus tard.
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La Norvégienne, plus tranchante dans les derniers hectomètres, a progressivement grignoté l’écart avant de franchir la ligne avec près de quatre secondes d’avance. « J’ai tout donné. Quand j’ai vu le chrono, j’ai compris que ça se jouerait à rien », confie Michelon. « Être à trois secondes d’un titre olympique, c’est cruel, mais c’est aussi immense. »
Pour la Française, il s’agit de la première médaille olympique de sa carrière, et de la deuxième en individuel en grands championnats après l’argent mondial en mass start à Lenzerheide l’an dernier.
Jeanmonnot, la constance récompensée
Malgré une faute au tir debout, Lou Jeanmonnot a su compenser sur les skis, signant le deuxième temps de la course, à sept secondes de Kirkeeide. « J’ai attaqué comme si je n’avais rien à perdre », explique-t-elle. « Quand on rate une balle, on n’a plus le droit à l’hésitation. »
Ce bronze constitue déjà sa troisième médaille de ces Jeux, après l’or en relais mixte aux côtés de Eric Perrot, Quentin Fillon Maillet et Julia Simon, et l’argent décroché sur l’individuel.
« Ce groupe est incroyable. On se pousse vers le haut en permanence », souligne Jeanmonnot. « Quand l’une réussit, les autres veulent faire encore mieux. »
Une moisson qui rapproche du record
Avec ces deux nouvelles médailles, le biathlon français porte son total à sept breloques à Milan Cortina. L’ensemble de la délégation tricolore en compte désormais douze, à trois unités du record historique de 15 établi à Sotchi en 2014 et à Pyeongchang en 2018.
Le staff savoure, sans se projeter trop loin. « On est dans une dynamique exceptionnelle, mais rien n’est acquis », glisse un membre de l’encadrement. « Chaque course repart de zéro. »


