JO 2026 : pénurie au village olympique, les préservatifs revendus plus de 100 euros en ligne

En trois jours, les 10 000 préservatifs mis à disposition des athlètes dans les villages olympiques de Milan Cortina ont disparu. Sur les plateformes de seconde main, certains sont désormais proposés à plus de 100 euros.

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Les préservatifs distribués gratuitement aux athlètes sont déjà en rupture de stock. - Gossip
Les préservatifs distribués gratuitement aux athlètes sont déjà en rupture de stock. - Gossip

Amélie Jaublaud, envoyée spéciale à Milan – À Milan comme à Cortina, la nouvelle a circulé plus vite qu’un relais mixte. Trois jours après le début des Jeux, les 10 000 préservatifs distribués gratuitement dans les six villages olympiques étaient déjà épuisés.

Résultat : sur la plateforme Vinted, des annonces ont fleuri, certaines affichant des prix allant jusqu’à 105 euros pour quelques unités estampillées JO 2026. Un objet de prévention devenu objet de spéculation.

« Vous pouvez faire le calcul »

Au total, environ 2 900 athlètes participent à ces Jeux d’hiver, issus de 92 comités nationaux. Selon la presse italienne, le stock initial comprenait 15 000 préservatifs masculins et 3 000 féminins. Les premiers sont partis en quelques jours. Les seconds restent disponibles.

Interrogé sur cette ruée, le porte parole du Comité international olympique, Mark Adams, a ironisé : « 10 000 ont été utilisés pour 2 800 athlètes, vous pouvez faire le calcul. Cela montre clairement que la Saint Valentin bat son plein dans le village. »

Derrière la boutade, une réalité logistique. Le comité d’organisation a annoncé un réapprovisionnement immédiat : 5 000 nouvelles unités ont été livrées ce lundi dans les différents sites.

Souvenir ou nécessité

L’engouement dépasse toutefois la seule question de l’usage. Aux Jeux, les préservatifs officiels sont devenus des objets de collection. Emballés aux couleurs de l’édition, ils figurent parmi les souvenirs les plus recherchés.

Le patineur artistique américain Adam Rippon avait déjà raconté avoir emporté plusieurs milliers d’unités à Pyeongchang en 2018. « Si vous vous demandez où sont passés 3 000 préservatifs, je les avais pris », plaisantait-il à l’époque.

À Milan Cortina, certains athlètes reconnaissent en glisser quelques-uns dans leurs valises. « C’est un petit symbole des Jeux, ça ne prend pas de place et ça fait sourire », confie un membre d’une délégation nordique.

Comparaison avec Paris 2024

La pénurie italienne contraste avec les volumes distribués lors des Jeux d’été. À Paris en 2024, 200 000 préservatifs masculins, 20 000 féminins et 10 000 digues buccales avaient été mis à disposition des participants.

Les Jeux d’hiver réunissant moins d’athlètes et se déroulant sur plusieurs sites dispersés, les stocks étaient plus modestes. « Si nécessaire, des stocks supplémentaires seront fournis pendant toute la durée des Jeux », avait assuré le service de presse avant l’ouverture.

Une flambée symptomatique

La revente à plus de 100 euros illustre un phénomène récurrent : dès qu’un produit olympique devient rare, sa valeur grimpe en ligne. Qu’il s’agisse d’une mascotte en édition limitée ou d’un pin’s convoité, la rareté alimente la spéculation.

Dans le cas des préservatifs, le mélange de symbole festif et d’objet utile crée un cocktail particulier. « Aux Jeux, tout devient souvenir », résume un bénévole italien. « Même ce qu’on n’imagine pas. »

À Milan Cortina, la flamme olympique continue de brûler. Et dans les villages, malgré la rupture de stock temporaire, la tradition semble bien vivante.

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