« Faites le ménage dans vos rangs » : LFI sous le feu des accusations à l’Assemblée

La séance de questions au gouvernement a viré mardi à la mise en accusation politique. Après la mort de Quentin Deranque à Lyon, les regards se sont tournés vers les bancs de La France insoumise, pris pour cible par la majorité comme par la droite.

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Sébastien Lecornu et Mathilde Panot à l'Assemblée nationale le 17 février 2026 Crédit : AFP
Sébastien Lecornu et Mathilde Panot à l'Assemblée nationale le 17 février 2026 Crédit : AFP

Dans l’Hémicycle, l’atmosphère était lourde. Une minute de silence a d’abord été observée en hommage au jeune militant d’extrême droite décédé des suites de ses blessures. Puis les attaques ont fusé. « La Jeune Garde tue et LFI devrait le condamner », a lancé le garde des Sceaux Gérald Darmanin, dénonçant une « brutalisation » du débat public.

Les députés insoumis, consigne en poche, ont contenu leurs réactions. Pas d’esclandre, quelques gestes d’agacement, des visages fermés. L’absence remarquée de Raphaël Arnault, cofondateur du groupuscule antifasciste Jeune Garde dissous en 2025, a nourri les interpellations de l’opposition.

Une charge transpartisane

Le ton est monté d’un cran lorsque Laurent Wauquiez a accusé « l’extrême gauche » d’avoir « du sang sur les mains », pointant « la conflictualisation » théorisée par Jean-Luc Mélenchon. Depuis les bancs du Rassemblement national, les mêmes reproches ont été formulés, sur fond de dénonciation d’une supposée complaisance envers les mouvances antifascistes.

À la tribune, la présidente du groupe LFI Mathilde Panot a répliqué. « Nous n’acceptons pas que la violence physique, d’où qu’elle vienne, soit employée pour régler les conflits », a-t-elle déclaré, avant d’assurer que son mouvement n’était impliqué « ni de près ni de loin » dans le drame. Elle a dénoncé une « instrumentalisation » destinée à « salir » les Insoumis.

La réponse du premier ministre Sébastien Lecornu a été cinglante. « Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject », a-t-il lancé, accusant LFI d’opposer les morts entre eux et invitant Mathilde Panot à faire « le ménage dans vos propos, dans vos idées et surtout dans vos rangs ». L’Hémicycle, de Renaissance au Rassemblement national, a applaudi.

Des interpellations qui ravivent la tempête

La tension s’est encore accrue dans la soirée. Le procureur de Lyon a annoncé l’interpellation de plusieurs suspects dans l’enquête sur la mort de Quentin Deranque. Parmi eux figure Jacques-Élie Favrot, collaborateur parlementaire de Raphaël Arnault.

L’intéressé conteste toute responsabilité. Son contrat a été suspendu et ses accès au Palais Bourbon retirés. Sur les réseaux sociaux, Raphaël Arnault a assuré avoir engagé les procédures pour mettre fin à la collaboration et appelé à « laisser l’enquête déterminer les responsabilités ».

Jean-Luc Mélenchon, dont la réaction était attendue, a condamné « tous les coups » qui ne sont « pas permis », tout en dénonçant des accusations « grotesques et injustes » visant son mouvement. Une ligne défensive reprise en boucle par les cadres insoumis, qui évoquent des menaces à l’encontre de leur député et parlent d’un « moment fasciste ».

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