Les marchés financiers ont brutalement décroché lundi en Asie sous l’effet de l’escalade militaire au Moyen Orient. Le prix du pétrole s’est envolé à son plus haut niveau depuis plus de deux ans, alimentant les craintes d’un choc énergétique mondial.
Au début des échanges asiatiques, le baril de West Texas Intermediate, référence du pétrole américain, a grimpé jusqu’à 111,24 dollars, avant de se stabiliser autour de 107 dollars. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, a lui aussi brièvement franchi la barre des 111 dollars.
Les marchés suspendus au détroit d’Ormuz
Cette flambée s’explique par les inquiétudes croissantes autour du détroit d’Ormuz, un passage stratégique situé entre l’Iran et Oman. Environ 20 % du pétrole mondial et une part importante du gaz naturel liquéfié y transitent chaque jour.
Au dixième jour du conflit impliquant l’Iran, Israël et les États Unis, les opérateurs redoutent une perturbation durable des flux énergétiques. Selon plusieurs analystes, le détroit reste fortement perturbé et les compagnies maritimes hésitent à faire transiter leurs tankers dans la zone.
Dans ce contexte, la volatilité sur les marchés pétroliers s’est accélérée. Depuis le début de l’offensive américano israélienne contre l’Iran, le prix du WTI a bondi d’environ 60 %, un mouvement extrêmement rapide même au regard des crises énergétiques récentes.
Les Bourses asiatiques décrochent
La flambée des prix de l’énergie a immédiatement pesé sur les marchés financiers. À l’ouverture, la Bourse de Tokyo a chuté d’environ 6 %, tout comme celle de Séoul, les investisseurs redoutant les conséquences économiques d’un pétrole durablement élevé.
Les valeurs industrielles et les entreprises fortement consommatrices d’énergie ont été particulièrement pénalisées. Les investisseurs se tournent au contraire vers les actifs jugés plus sûrs, dans un contexte d’incertitude géopolitique accrue.
Pour les économistes, la hausse des prix du pétrole pourrait rapidement se répercuter sur l’ensemble de l’économie mondiale. Une énergie plus chère renchérit les coûts de transport et de production, ce qui alimente l’inflation et pèse sur la croissance.
Un risque pour l’Europe et l’Asie
Dans une note publiée lundi, les analystes de Moody’s estiment que le scénario le plus probable reste celui d’un conflit relativement court. Mais ils soulignent qu’une crise prolongée pourrait maintenir durablement les prix du pétrole autour de 100 dollars le baril ou davantage.
Un tel niveau serait particulièrement difficile pour les grandes régions importatrices d’énergie, notamment l’Europe et l’Asie. Une hausse prolongée des prix pourrait entraîner une augmentation du coût de la vie, peser sur l’investissement et compliquer la tâche des banques centrales.
Aux États Unis, la flambée du pétrole suscite aussi des inquiétudes politiques. Le prix de l’essence reste un sujet sensible pour les électeurs américains. Le président Donald Trump a toutefois estimé dimanche soir que la hausse du pétrole représentait « un tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des États Unis et du monde ».
Dans l’immédiat, Washington affirme travailler avec les compagnies maritimes pour sécuriser les routes commerciales dans le Golfe persique et permettre aux pétroliers de quitter la zone. Les autorités américaines estiment que le marché mondial reste « très bien approvisionné », même si les tensions géopolitiques continuent de peser sur les marchés.


