L’Australie accorde l’asile à cinq joueuses iraniennes après un geste de protestation à la Coupe d’Asie

Cinq joueuses de l’équipe féminine iranienne de football ont obtenu un visa humanitaire en Australie après avoir refusé de chanter l’hymne de la République islamique lors d’un match de la Coupe d’Asie. Les autorités australiennes estiment que leur retour en Iran pourrait les exposer à de graves représailles.

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L'équipe féminine de foot d'Iran avant leur match contre les Philippines en Coupe d'Asie des nations en Australie, le 8 mars 2026. ©AFP - STR / AFP

La décision a été prise dans un climat de fortes tensions politiques autour de la délégation iranienne. Lundi 9 mars, l’Australie a accordé l’asile à cinq joueuses de l’équipe nationale féminine de football d’Iran, présentes dans le pays pour disputer la Coupe d’Asie. Les autorités australiennes considèrent que ces sportives pourraient être en danger si elles retournaient dans leur pays.

L’affaire trouve son origine dans un geste très visible lors du premier match de la compétition, début mars. Au moment de l’hymne iranien, les joueuses sont restées silencieuses sur la pelouse, refusant de chanter. Un acte interprété comme une protestation politique à l’égard du régime iranien.

Un geste de protestation dans un contexte explosif

Ce refus d’entonner l’hymne national est intervenu dans un contexte particulièrement tendu pour l’Iran. Quelques jours auparavant, un conflit armé avait éclaté entre l’Iran, Israël et les États Unis. Dans le même temps, le régime iranien venait de mener une répression violente contre des manifestations internes.

Dans ce climat, l’attitude de l’équipe féminine a rapidement pris une dimension politique. Pour certains opposants au régime, il s’agissait d’un acte de courage face au pouvoir des mollahs.

Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran, a affirmé sur le réseau social X que les joueuses subissaient de fortes pressions de la part des autorités iraniennes. Selon lui, leur sécurité pourrait être menacée en cas de retour dans le pays.

Les joueuses qualifiées de « traîtres » en Iran

La réaction en Iran a été particulièrement virulente. Sur la télévision d’État, un présentateur a qualifié les joueuses de « traîtres en temps de guerre », dénonçant ce qu’il a décrit comme « le summum du déshonneur ».

Ces déclarations ont renforcé les inquiétudes concernant d’éventuelles représailles contre les membres de la délégation. Plusieurs organisations et personnalités ont alors appelé les autorités australiennes à protéger les sportives.

Le président américain Donald Trump a également demandé à Canberra d’intervenir. Selon lui, les joueuses risqueraient d’être « très certainement tuées » si elles étaient contraintes de rentrer en Iran.

Une fuite nocturne et un visa humanitaire

Dans les coulisses, les autorités australiennes ont engagé des discussions discrètes avec certaines joueuses de la délégation. Cinq d’entre elles, dont la capitaine Zahra Ghanbari, ont finalement quitté leur hôtel pendant la nuit.

Elles ont ensuite été prises en charge par la police australienne et conduites dans un lieu sécurisé. Le ministre australien de l’intérieur Tony Burke a confirmé avoir signé leur demande de visa humanitaire.

Les autres membres de l’équipe restent pour l’instant dans une situation incertaine. Certaines pourraient choisir de rentrer en Iran, notamment par crainte de représailles contre leurs proches. Selon des militants d’Amnesty International, les familles des joueuses pourraient en effet être utilisées comme moyen de pression par les autorités iraniennes.

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