Patrick Bruel fait l’objet d’une nouvelle séquence judiciaire. Une enquête préliminaire pour viol a été ouverte à Saint Malo, tandis qu’une plainte pour tentative de viol et agression sexuelle a été déposée à Paris le 12 mars. Les informations, révélées par Mediapart, ont été confirmées par des sources proches du dossier et par le parquet.
Ces nouvelles accusations s’inscrivent dans un contexte plus large, alors que plusieurs témoignages visant le chanteur ont émergé ces dernières années. Son avocat, Christophe Ingrain, conteste fermement les faits et dénonce un récit « qui fabrique un personnage et un système qui n’ont jamais existé ».
Une plainte récente et une enquête en cours
La plainte déposée à Paris émane de Daniela Elstner, actuelle directrice générale d’Unifrance. Les faits qu’elle dénonce remonteraient à novembre 1997, lors du festival du film français d’Acapulco, au Mexique, où elle travaillait alors comme assistante.
Selon son avocate, Jade Dousselin, la démarche de sa cliente répond à « un besoin de libération, pour elle, et pour toutes les autres », davantage qu’à une volonté immédiate de condamnation judiciaire. Elle explique que Daniela Elstner avait déjà évoqué ces faits dès 2019, dans le contexte de l’émergence du mouvement #MeToo en France.
Parallèlement, une autre plainte, déposée en septembre 2024, accuse le chanteur d’un viol présumé en octobre 2012, en marge du festival du film britannique de Dinard. C’est dans ce cadre qu’une enquête a été ouverte à Saint Malo. À ce stade, Patrick Bruel n’a pas encore été entendu par les enquêteurs.
Des témoignages multiples sur plusieurs décennies
L’enquête journalistique de Mediapart s’appuie également sur les témoignages de six femmes évoquant des faits de violences sexuelles entre 1992 et 2019. L’une d’elles était mineure au moment des faits qu’elle dénonce.
Parmi ces récits, la compositrice Maïdi Roth décrit une scène survenue en 1997 à Acapulco. « Il a mis sa main sur ma cuisse, il a tenté de m’embrasser de force », affirme-t-elle. « Il insistait, je le repoussais, il insistait », ajoute-t-elle, estimant rétrospectivement avoir été « un objet à posséder ».
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Ces témoignages s’ajoutent à des accusations déjà portées en 2019 par deux masseuses dans des hôtels à Perpignan et en Corse, qui avaient donné lieu à des enquêtes pour agression sexuelle, exhibition sexuelle et harcèlement sexuel. Celles-ci avaient été classées sans suite en décembre 2020 par le parquet de Nanterre.
Une défense qui dénonce des accusations infondées
Face à ces nouvelles procédures, Patrick Bruel conteste catégoriquement les faits. « Il n’a jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel », affirme son avocat.
Christophe Ingrain rappelle également que « sur une large partie des faits dont il serait question, la justice s’est déjà prononcée », en référence aux enquêtes classées sans suite. Il dénonce une accumulation d’accusations anciennes, déjà examinées par les autorités judiciaires.


