Dépenses partagées : les Français premiers utilisateurs de Tricount

En 2025, près de 9,8 milliards d’euros ont été partagés par les Français via l’application tricount, un record qui place la France en tête des usages mondiaux. Derrière ces chiffres, une banalisation des dépenses collectives du quotidien, bien au delà des seuls voyages.

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Voyages entre amis, colocations, sorties au restaurant, courses alimentaires. En France, le partage des dépenses est devenu un réflexe numérique. Selon les données publiées fin janvier par tricount, application de suivi des dépenses de groupe détenue par bunq, les utilisateurs français ont partagé près de 9,8 milliards d’euros en 2025, contre 8,3 milliards un an plus tôt.

Ce montant représente à lui seul près de deux euros sur cinq des sommes réparties sur tricount dans le monde, alors que plus de 23 milliards d’euros ont transité via l’application à l’échelle globale. Une performance qui confirme la place singulière de la France dans l’adoption des outils de gestion collective des dépenses.

Une pratique entrée dans le quotidien

Longtemps associée aux vacances entre amis ou aux colocations étudiantes, l’utilisation de tricount s’est élargie à des usages beaucoup plus ordinaires. En 2025, les catégories les plus représentées ne sont ni les voyages ni les transports, mais les restaurants et bars, qui concentrent 22,12 pour cent des tricounts créés, et les courses alimentaires, à 22,09 pour cent.

Les déplacements et transports arrivent loin derrière, avec 15,19 pour cent des dépenses partagées, tandis que les voyages ne représentent que 5,36 pour cent des tricounts en France. Un renversement qui illustre l’ancrage de l’outil dans la gestion des dépenses courantes, dans un contexte de pouvoir d’achat contraint.

Les montants moyens progressent également. En 2025, une dépense partagée dans un restaurant ou un bar s’élève en moyenne à 42,46 euros, en hausse de près de 4 pour cent sur un an. Pour les courses alimentaires, le montant moyen atteint 43,71 euros, en augmentation de 2,92 pour cent.

Les pics d’usage calés sur le calendrier social

L’activité sur tricount épouse étroitement le calendrier social des Français. Les périodes de fin d’année concentrent les plus forts volumes de création de comptes. Le 30 décembre et le 1er janvier figurent parmi les journées les plus actives de 2025, avec respectivement plus de 35 000 et 34 000 tricounts ouverts en une seule journée.

L’été constitue l’autre grand temps fort. Le 2 août se classe parmi les journées les plus actives de l’année, reflet des vacances collectives, des festivals et des séjours partagés. Dans ces périodes, tricount devient un outil de fluidification des relations sociales, permettant de répartir rapidement les dépenses sans arbitrage permanent entre participants.

Comparés aux autres pays européens, les Français se distinguent également par leur propension à partager les frais liés aux voyages. Les dépenses de transport représentent 15,19 pour cent des montants partagés en France, contre 13,14 pour cent en moyenne en Europe, et celles liées aux voyages 5,36 pour cent, contre 4,21 pour cent chez les voisins européens.

Une réponse pragmatique à la hausse du coût de la vie

Fait notable, les dépenses moyennes allouées aux voyages augmentent malgré l’inflation. En 2025, un voyage partagé via tricount atteint en moyenne 268,41 euros, en hausse de plus de 4 pour cent par rapport à 2024. Un signal qui suggère moins une contraction des usages qu’un besoin accru de transparence et de contrôle collectif des dépenses.

« D’année en année, nous constatons la même chose : les gens veulent profiter du moment avec les personnes qu’ils aiment et ne pas passer leur temps à se demander qui doit quoi », explique Joe Wilson, Chief Evangelist chez bunq. « Chaque dépense est unique, mais derrière chacune se cache l’histoire d’amis, de couples ou de colocataires qui choisissent la simplicité et le pragmatisme. »

Dans un contexte de hausse généralisée des prix, la gestion collective des dépenses apparaît ainsi moins comme un arbitrage financier que comme un outil de pacification des relations sociales. Pour tricount, dont le nombre de comptes créés en France a progressé de 7,44 pour cent en un an, cette banalisation du partage constitue désormais le cœur du modèle.

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