Le répit aura été de courte durée. Deux ans et demi après un premier passage devant la justice commerciale, Minelli se retrouve à nouveau en redressement judiciaire. L’entreprise, qui était en procédure de sauvegarde depuis septembre, a vu sa situation se dégrader au point d’être placée en cessation de paiements par le tribunal des activités économiques de Paris.
Ce basculement marque l’échec d’une reprise engagée début 2024, censée relancer la marque après une première restructuration lourde.
Une reprise qui n’a pas permis de redresser l’activité
Fondée en 1973, Minelli avait été reprise l’an dernier par un trio d’investisseurs, associés à la marque Mes Demoiselles Paris, avec l’ambition de repositionner l’enseigne. L’opération s’était traduite par une forte réduction des effectifs, passés d’environ 600 salariés à moins de 200.
Mais la relance n’a pas produit les effets attendus. Lors de son dernier exercice, l’entreprise a enregistré une perte de 3,7 millions d’euros. Plusieurs points de vente repris se révèlent structurellement déficitaires, signe que les difficultés dépassent la seule question de gestion.
Le passage de la sauvegarde au redressement judiciaire confirme que la trésorerie ne permettait plus de faire face aux échéances.
Un modèle fragilisé dans tout le secteur
Le cas Minelli s’inscrit dans une crise plus large du secteur de la mode en France. Depuis deux ans, les procédures collectives se multiplient, touchant aussi bien des enseignes historiques que des marques plus récentes.
Parmi elles, Claire’s, Jennyfer, Okaïdi ou encore IKKS ont été confrontées à des difficultés similaires.
En cause : un modèle économique sous pression. Hausse des coûts, baisse de fréquentation des magasins physiques, et surtout concurrence accrue des plateformes internationales à bas prix comme Shein.
Des points de vente devenus structurellement déficitaires
L’un des enseignements clés du dossier Minelli tient à la rentabilité du réseau physique. Selon les éléments judiciaires, « une dizaine de boutiques reprises » restent déficitaires.
Un constat qui interroge la viabilité du modèle traditionnel de distribution. Malgré une restructuration, les coûts fixes liés aux loyers et à l’exploitation des magasins continuent de peser lourdement.
Dans ce contexte, la stratégie de relance apparaît insuffisante face à une transformation profonde des modes de consommation.


