Après plusieurs années de baisse quasi continue, le marché français des télécommunications entre dans une phase de recomposition. Les dynamiques de prix divergent désormais nettement entre le fixe et le mobile, traduisant des stratégies industrielles et commerciales de plus en plus distinctes.
C’est ce que met en évidence le baromètre 2026 publié par MonPetitForfait, fondé sur l’analyse des prix réellement payés par les abonnés en 2025, en intégrant les frais annexes et en neutralisant l’effet des promotions temporaires.
La box internet devenu produit d’appel
Sur le segment des box internet, la tendance est désormais solidement installée. En 2025, le prix moyen mensuel d’un abonnement fibre s’est établi à 25,37 euros, en recul de 4,16 pour cent sur un an. À prestations comparables, l’écart de prix entre deux offres peut dépasser 11 euros par mois, selon l’opérateur.
Cette baisse s’explique par la maturité du marché. La généralisation de la fibre a réduit les différenciations technologiques entre acteurs, transformant la box internet en produit d’appel. Les opérateurs privilégient désormais des offres d’entrée de gamme agressives pour capter ou conserver des abonnés, quitte à concentrer la création de valeur sur les services optionnels, les débits renforcés ou les offres convergentes fixe mobile.
Sur le mobile, la fin progressive de la guerre des prix
La dynamique est inverse sur le mobile. Après des années de baisse continue, les prix montrent des signes de retournement. En 2025, le prix moyen des forfaits incluant au moins 15 Go de données atteint 19,38 euros par mois, en hausse de 1,41 pour cent par rapport à 2024.
Cette inflexion, encore limitée, marque toutefois un changement de régime. L’explosion des usages mobiles, portée par le streaming vidéo, le télétravail et le partage de connexion, a fortement accru la consommation de données. Dans le même temps, les opérateurs doivent absorber la montée en puissance des coûts liés au déploiement de la 5G, à la maintenance des réseaux et à la facture énergétique.
Dans ce contexte, la logique de volume cède progressivement la place à une stratégie de valeur. Les promotions massives se font plus rares sur les forfaits correspondant aux usages courants, tandis que la segmentation des offres s’accentue. Selon le baromètre, l’écart de prix entre forfaits comparables peut désormais dépasser 30 euros par mois.
Un marché plus rationnel, mais plus opaque pour les abonnés
La coexistence de ces deux dynamiques rend le marché plus difficile à lire pour les consommateurs. D’un côté, des box internet dont les prix continuent de baisser. De l’autre, des forfaits mobiles dont le coût dépend de plus en plus finement du volume de données, du réseau et des services inclus.
À cette complexité s’ajoute la multiplication des offres promotionnelles temporaires et des options facturées en supplément, qui brouillent la perception du coût réel des abonnements. En se concentrant sur les montants effectivement payés sur la durée, le baromètre met en lumière une réalité moins favorable que ne le suggèrent les seuls prix d’appel.
Un rééquilibrage stratégique chez les opérateurs
Au delà des chiffres, l’étude confirme une évolution structurelle du marché français des télécommunications. Le fixe est entré dans une phase de maturité concurrentielle, où la bataille des prix atteint ses limites. Le mobile, longtemps terrain privilégié de la guerre tarifaire, amorce quant à lui une rationalisation progressive.
Ce rééquilibrage traduit un objectif clair pour les opérateurs : restaurer des marges mises sous pression pendant plus d’une décennie, sans provoquer de rupture brutale pour les abonnés. Un ajustement discret, mais révélateur d’un secteur qui cherche désormais moins à casser les prix qu’à stabiliser son modèle économique.


