Iran : Donald Trump dit entrevoir un accord après un « changement de régime »

Le président américain affirme que la guerre menée avec Israël a profondément bouleversé le pouvoir iranien. Malgré des combats toujours en cours, Washington évoque déjà une possible issue diplomatique et une reprise du trafic pétrolier.

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Le président des États-Unis, Donlad Trump, ne cesse de déclarer que la guerre en Iran a été remportée, mais continue d'inverser militairement dans le conflit. / Mark Schiefelbein / The Associated Press

Le conflit ne montre aucun signe d’apaisement sur le terrain, mais Donald Trump affirme déjà apercevoir une porte de sortie. Le président américain a déclaré dimanche « entrevoir un accord » avec les nouveaux dirigeants iraniens, évoquant un basculement politique majeur à Téhéran après plusieurs semaines de guerre.

Déclenchées fin février par des frappes conjointes américaines et israéliennes, les opérations militaires ont provoqué des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban selon les autorités locales. Malgré cette intensité, la Maison Blanche estime avoir atteint un objectif stratégique : un changement profond du pouvoir iranien.

« Un autre groupe de personnes »

Pour Donald Trump, les frappes ciblées ayant éliminé une grande partie de la direction iranienne, dont le guide suprême Ali Khamenei, ont ouvert une nouvelle phase politique.

« Nous avons affaire à des personnes différentes de celles auxquelles quiconque a eu affaire auparavant », a-t-il assuré. Le président américain décrit des interlocuteurs « bien plus raisonnables », laissant entrevoir une reprise rapide des discussions.

Sur le terrain pourtant, les hostilités se poursuivent. Iran et Israël continuent d’échanger des frappes, tandis que plusieurs pays du Golfe signalent des attaques iraniennes sur leur territoire. L’hypothèse d’une désescalade reste donc incertaine.

Le pétrole au cœur des tensions

Dans ce contexte, la question énergétique devient centrale. Donald Trump affirme que l’Iran serait sur le point d’autoriser le passage d’une vingtaine de pétroliers dans le détroit d’Ormuz, passage clé par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.

Cette annonce intervient alors que les prix du brut ont fortement réagi aux tensions, ouvrant en nette hausse sur les marchés asiatiques. Toute perturbation durable dans cette zone stratégique pourrait provoquer un choc énergétique mondial.

Le président américain a également évoqué la possibilité de prendre le contrôle de l’île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien, qui assure près de 90 % des exportations de brut du pays. Une telle opération marquerait un tournant majeur dans le conflit.

Un embrasement régional redouté

Au-delà du face-à-face entre Iran et Israël, la guerre menace désormais de s’étendre. Les rebelles houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont revendiqué plusieurs attaques et pourraient perturber le trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb, autre artère majeure du commerce maritime.

Face à ces risques, les grandes puissances tentent de coordonner leur réponse. La France a ainsi réuni un G7 Finances-Énergie pour évaluer les conséquences économiques du conflit.

Entre déclarations optimistes de Washington et intensification des combats, la situation reste profondément instable. L’éventualité d’un accord évoquée par Donald Trump dépendra autant de l’évolution militaire que de la capacité des nouveaux dirigeants iraniens à s’imposer durablement.

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