La République islamique d’Iran entame une nouvelle page de son histoire. Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême Ali Khamenei, a été désigné dimanche pour succéder à son père à la tête du régime, après la mort de ce dernier lors d’une frappe israélienne contre sa résidence à Téhéran.
La décision a été prise par l’Assemblée des experts, un organe composé de 88 religieux chargé par la Constitution iranienne de choisir le guide suprême. Un de ses membres avait annoncé dans la journée que « le vote pour nommer le guide a eu lieu et le guide a été choisi », sans révéler immédiatement son identité. Quelques heures plus tard, plusieurs responsables iraniens ont confirmé qu’il s’agissait de Mojtaba Khamenei.
Un homme de l’ombre devenu figure centrale du régime
Âgé d’une cinquantaine d’années, Mojtaba Khamenei est depuis longtemps considéré comme l’un des hommes les plus influents de la République islamique, bien qu’il n’ait jamais occupé de fonction officielle majeure. Deuxième fils d’Ali Khamenei, il a progressivement consolidé son pouvoir dans les coulisses du régime, notamment en supervisant certaines activités politiques et sécuritaires liées au bureau du guide suprême.
Formé dans les séminaires religieux de Qom, il a également participé comme volontaire à la guerre Iran Irak dans les années 1980. Au fil des années, il s’est rapproché des Gardiens de la révolution, la puissante force militaire et économique qui joue un rôle déterminant dans l’équilibre du pouvoir en Iran.
Cette proximité avec les cercles sécuritaires du régime lui a permis d’étendre son influence. Plusieurs observateurs le considéraient déjà comme un acteur clé dans les décisions politiques du pays, notamment lors des élections contestées de 2009.
Une succession controversée
La désignation de Mojtaba Khamenei pourrait néanmoins nourrir les critiques au sein même de la République islamique. Certains responsables religieux ont par le passé dénoncé l’idée d’une transmission familiale du pouvoir, qui rappellerait davantage une monarchie qu’un système révolutionnaire fondé sur l’autorité religieuse.
La Constitution iranienne prévoit en effet que le guide suprême soit choisi pour ses qualifications religieuses et politiques par l’Assemblée des experts. Officiellement, plusieurs autres candidats auraient été examinés lors des discussions précédant le vote.
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Parmi eux figuraient l’ancien président Hassan Rouhani, le dignitaire religieux Alireza Arafi, l’ultraconservateur Mohammed Mahdi Mir Bagheri ou encore Hassan Khomeiny, petit fils de l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, fondateur de la République islamique.
Un pouvoir au cœur des tensions régionales
La nomination de Mojtaba Khamenei intervient dans un contexte de forte tension au Moyen Orient. La mort d’Ali Khamenei dans une frappe israélienne a profondément bouleversé l’équilibre politique iranien et accentué les risques d’escalade régionale.
Le nouveau guide suprême hérite ainsi d’un pays confronté à de multiples défis : sanctions internationales persistantes, tensions avec Israël, rivalités régionales et difficultés économiques liées notamment à l’inflation et au chômage.


