Les négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran franchissent un cap inattendu. Selon le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Albusaidi, Téhéran aurait accepté de ne pas stocker d’uranium enrichi, un engagement présenté comme une avancée majeure dans le dossier nucléaire.
Intervenant sur la chaîne américaine CBS, le chef de la diplomatie d’Oman, pays médiateur des discussions organisées à Genève, a évoqué « quelque chose de complètement nouveau » qui « rend vraiment l’argument de l’enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l’absence de stockage ».
Une concession inédite de Téhéran
Jusqu’à présent, l’Iran défendait son droit à l’enrichissement d’uranium à des fins civiles, tout en contestant toute ambition militaire. Les États-Unis, eux, exigent depuis des années des garanties strictes pour empêcher toute dérive vers la fabrication d’une arme nucléaire.
En acceptant de ne plus conserver d’uranium enrichi sur son territoire, Téhéran franchirait une ligne que les négociateurs occidentaux jugeaient essentielle. « Si vous ne pouvez pas stocker de matière enrichie, vous ne pouvez en aucun cas fabriquer une bombe », a assuré Badr Albusaidi.
Le ministre omanais a également précisé que le stock actuel iranien serait ramené « au plus bas niveau possible » et que des mécanismes de vérification seraient mis en place. Ces contrôles constitueraient l’un des piliers d’un éventuel accord, destiné à garantir le caractère strictement civil du programme nucléaire iranien.
Une fenêtre diplomatique étroite
Cette évolution intervient dans un contexte de forte tension régionale. Washington accuse l’Iran de chercher à se doter de l’arme atomique, ce que Téhéran dément catégoriquement. Ces derniers mois, les États-Unis ont procédé à un important déploiement militaire au Moyen-Orient, tandis que des responsables américains ont évoqué la possibilité de frappes en cas d’échec des négociations.
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Dans ce climat, Mascate joue un rôle clé. Oman a déjà servi d’intermédiaire discret dans plusieurs dossiers sensibles entre Washington et Téhéran. Le ministre omanais s’est montré optimiste, estimant que « toutes les questions » liées à un accord pouvaient être réglées « à l’amiable et de manière exhaustive » dans un délai de trois mois.
« Si l’objectif ultime est de garantir pour toujours que l’Iran ne puisse pas se doter de la bombe nucléaire, je pense que nous avons résolu ce problème grâce à ces négociations en convenant d’une avancée très importante qui n’avait jamais été réalisée auparavant », a-t-il encore déclaré.


