Coup de théâtre dans la campagne municipale à Argenteuil. Le Parti socialiste a annoncé retirer « toute forme de soutien » à Yassin Zeghli, candidat investi par La France insoumise, après la révélation d’une condamnation judiciaire pour violences conjugales. L’information, dévoilée par la presse, intervient à quelques jours d’un second tour particulièrement disputé.
Arrivé en deuxième position au premier tour avec 26,53 % des voix, derrière le maire sortant Les Républicains Georges Mothron crédité de 37,7 %, Yassin Zeghli avait pourtant réussi à rassembler l’ensemble de la gauche autour de sa candidature. Une stratégie désormais fragilisée par cette polémique.
Une rupture brutale au nom de « l’exemplarité »
Dans un communiqué, le Parti socialiste explique avoir « pris connaissance de la condamnation par la justice du candidat “insoumis” (…) pour violences conjugales, des faits d’une extrême gravité ». La formation dirigée par Olivier Faure insiste sur l’incompatibilité entre ces faits et ses engagements politiques.
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« De tels actes ne sauraient être compatibles avec le combat inlassable et intransigeant mené par le Parti socialiste contre les violences faites aux femmes », écrit le parti, évoquant également « une atteinte intolérable à l’exemplarité » attendue d’un élu.
Conséquence immédiate, le PS retire son logo de la campagne et demande à ses militants de « se mettre en retrait sans délai ». Une décision lourde de conséquences dans une ville où la gauche espérait renverser la majorité sortante.
LFI dénonce une offensive politique
Du côté de La France insoumise, la riposte est immédiate. Paul Vannier, député et responsable des élections du mouvement, affirme que Yassin Zeghli se présente « avec un casier vierge de toute condamnation », sans préciser si la peine évoquée a été effacée.
Le mouvement évoque également une manœuvre politique en fin de campagne. « À trois jours de la fin de campagne, la droite a choisi de recourir à des pratiques illégales pour tenter de le discréditer », affirme Paul Vannier, annonçant le dépôt d’une plainte.
Selon les informations publiées, le candidat aurait été condamné en janvier 2023 à quatre mois de prison avec sursis pour des faits de violences conjugales.
Une union de la gauche sous tension
Cette affaire met en lumière les fragilités des accords locaux conclus entre socialistes et insoumis. Si le PS a refusé toute alliance nationale avec La France insoumise, les deux formations ont multiplié les rapprochements dans plusieurs villes pour le second tour.
À Argenteuil, cet accord devait permettre de faire barrage à la droite. Il reposait sur une liste commune intégrant plusieurs sensibilités de gauche, après le retrait de deux autres candidats ayant obtenu respectivement 13 % et 12,54 % des voix au premier tour.


