Éric Zemmour dénonce une « fumisterie » après l’idée d’un cordon sanitaire contre LFI

Le président de Reconquête rejette la proposition formulée par Jordan Bardella après la mort du militant Quentin Deranque. Il y voit une manœuvre tactique et refuse tout principe d’isolement politique, quel qu’il soit.

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Nouvel épisode dans la recomposition agitée de la droite et de l’extrême droite. Invité dimanche sur BFMTV, Éric Zemmour a pris ses distances avec la proposition avancée par Jordan Bardella d’instaurer un « cordon sanitaire » contre La France insoumise, après la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque.

Le président du Rassemblement national avait repris une expression historiquement utilisée contre son propre parti pour suggérer un isolement politique de LFI. Une formule immédiatement contestée par le fondateur de Reconquête, qui y voit un calcul davantage qu’une ligne de principe.

« De la tactique », selon Éric Zemmour

« Cette histoire de cordon sanitaire est une fumisterie », a déclaré Éric Zemmour sur BFMTV. « Je suis contre », a-t-il insisté, rejetant toute stratégie consistant à exclure un parti du jeu des alliances parlementaires, qu’il s’agisse de La France insoumise ou du Rassemblement national.

Même s’il considère Jean Luc Mélenchon comme son « ennemi », Éric Zemmour estime que « les partis ont droit à des alliances ». Selon lui, la proposition de Jordan Bardella relève d’une manœuvre politique. « Jordan Bardella croit habile de transférer le mistigri de la diabolisation à LFI puisqu’il était sur la tête du RN depuis 40 ans. C’est de la tactique », a-t-il affirmé.

En reprenant le terme de « cordon sanitaire », le président du RN a en effet utilisé une expression longtemps employée par une partie de la classe politique pour refuser toute alliance avec le Front national, puis le Rassemblement national. La mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite radicale, a ravivé les tensions et les accusations croisées entre formations politiques.

Une droite toujours fragmentée

L’intervention d’Éric Zemmour illustre aussi la persistance des fractures à l’extrême droite. Interrogé sur sa rupture avec Marion Maréchal, qui avait rejoint Reconquête avant de se rapprocher à nouveau du Rassemblement national, il a affiché une position inflexible. « Je ne parle pas aux traîtres », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il n’était « pas prêt de pardonner ».

À l’approche des municipales de 2026, ces divergences stratégiques pèsent sur les perspectives d’alliances locales. Le débat autour d’un éventuel isolement de La France insoumise intervient dans un contexte politique tendu, marqué par la mort de Quentin Deranque et la multiplication des polémiques sur les responsabilités politiques et le climat de violence.

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