La Coordination rurale boycotte l’inauguration du Salon de l’agriculture par Emmanuel Macron

À la veille de l’ouverture du 62e Salon de l’agriculture, la Coordination rurale annonce qu’elle ne participera pas à l’inauguration présidentielle. Après la Confédération paysanne, le deuxième syndicat agricole choisit à son tour le boycott, dans un climat de tension lié à la crise sanitaire bovine et aux revendications sur la protection du modèle agricole.

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Des drapeaux de la Coordination rurale, le 20 novembre 2024 - JC MILHET / HANS LUCAS

Le traditionnel petit déjeuner présidentiel du Salon de l’agriculture ne fera pas le plein cette année. La Coordination rurale a annoncé qu’elle ne participerait pas à la rencontre prévue avec Emmanuel Macron lors de l’ouverture officielle du rendez vous parisien. Une décision lourde de symbole, qui confirme le malaise persistant entre l’exécutif et une partie du monde agricole.

Le président du syndicat, Bertrand Venteau, a indiqué que l’organisation ne souhaitait pas être présente à ce moment protocolaire. Son secrétaire général, François Walraet, est allé plus loin en affirmant que le chef de l’État n’était pas le bienvenu sur leur stand. Il a prévenu que l’accueil pourrait être rude, tout en assurant qu’aucune mobilisation formelle n’était prévue. Selon lui, si des manifestations de colère devaient avoir lieu, elles seraient pacifiques.

Une colère nourrie par la crise sanitaire

La décision intervient dans un contexte déjà tendu. Depuis plusieurs mois, les éleveurs sont confrontés aux conséquences de la dermatose nodulaire contagieuse, une maladie bovine qui a entraîné l’abattage de troupeaux entiers. Pour la Coordination rurale comme pour la Confédération paysanne, la gestion gouvernementale de cette crise a été trop brutale et insuffisamment accompagnée.

La Confédération paysanne avait d’ailleurs annoncé dès le début du mois qu’elle boycotterait l’inauguration présidentielle. Elle dénonce l’absence de remise en cause de l’abattage total dans les foyers touchés et réclame des mesures structurelles de protection du revenu paysan.

Au delà de la crise sanitaire, les syndicats contestataires estiment que l’agriculture française n’est pas suffisamment protégée face à la concurrence internationale. Ils réclament des garde fous plus stricts dans les accords commerciaux et une réorientation de la politique agricole commune afin de mieux soutenir les exploitations.

Un salon sous tension politique

L’inauguration du Salon de l’agriculture constitue chaque année un moment politique majeur. Le chef de l’État y déambule pendant plusieurs heures, échange avec les éleveurs, visite les stands régionaux et multiplie les annonces. Cette mise en scène du dialogue entre Paris et les campagnes est devenue un passage obligé du calendrier politique.

Cette année, l’absence de deux syndicats sur quatre donne une tonalité particulière à l’événement. La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles et les Jeunes agriculteurs ont, eux, choisi de participer aux rencontres prévues avec l’exécutif.

La Coordination rurale, troisième organisation du paysage agricole en termes de représentativité, précise toutefois qu’elle rencontrera d’autres responsables politiques durant le salon, notamment ceux qui ont soutenu la loi Duplomb, texte controversé portant sur les questions agricoles et environnementales.

Un message adressé à l’exécutif

À travers ce boycott, les syndicats entendent adresser un signal clair. Selon François Walraet, le président dispose encore d’un an pour « sauver le modèle agricole ». Une référence directe aux échéances européennes et nationales à venir, notamment sur la réforme de la politique agricole commune.

À quelques mois des grands arbitrages budgétaires et alors que la campagne présidentielle de 2027 se profile en arrière plan, le Salon 2026 s’ouvre donc dans un climat d’avertissement.

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