La campagne municipale marseillaise s’est brutalement heurtée à l’onde de choc venue de Lyon. Jeudi soir, lors du premier débat réunissant les principaux candidats à la mairie, la mort de Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans, s’est invitée au cœur des échanges.
Face aux caméras, le député des Bouches du Rhône Sébastien Delogu a été interrogé sur ses liens passés avec la Jeune Garde, groupuscule antifasciste créé par le député Raphaël Arnault et dissous en 2025. L’un des collaborateurs de ce dernier, Jacques Elie Favrot, a été mis en examen dans le cadre de l’enquête sur l’agression mortelle du 12 février.
« Je ne regrette rien »
La réponse de Sébastien Delogu a été immédiate. « Je ne regrette rien », a-t-il déclaré. L’élu insoumis a qualifié les membres de la Jeune Garde de « militants politiques » et assuré qu’il ne s’agissait « pas de gens violents ». « Je ne les ai jamais vus violents », a-t-il insisté.
Pour le député marseillais, ces militants étaient avant tout engagés dans la lutte idéologique contre l’extrême droite. « J’ai vu des personnes qui étaient là pour comprendre l’idéologie politique de l’extrême droite pour pouvoir mieux la combattre, et ce sont les seules personnes que nous avons trouvées à gauche à l’avant garde pour combattre le fascisme dans ce pays », a-t-il affirmé.
Allant plus loin, il s’est dit « fier de celles et ceux qui ont participé à tous ces évènements ».
Une ligne de défense assumée
Dans la droite ligne de la direction de La France insoumise, Sébastien Delogu a martelé qu’il n’« appelle pas à la violence » et qu’il est « désolé de ce qu’il se passe ». Il a toutefois répété que « La France insoumise n’est coupable de rien ».
Une position qui a suscité les réactions de ses adversaires. Le candidat du Rassemblement national Franck Allisio a laissé transparaître un sourire ironique. À droite, plusieurs responsables accusent les Insoumis de complaisance à l’égard de la mouvance antifasciste.
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De son côté, la Jeune Garde, dissoute l’an dernier, a assuré avoir « suspendu toutes ses activités » depuis sa dissolution et contesté toute implication dans les faits. Le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, a précisé que certains mis en cause « appartiennent à des associations et trois déclarent avoir fait partie ou être proches de la mouvance d’ultragauche ».
Une campagne fragilisée à gauche
À Marseille, la séquence n’est pas anodine. Le maire sortant Benoît Payan se retrouve au coude à coude avec Franck Allisio dans les intentions de vote. Le maintien éventuel de Sébastien Delogu au second tour pourrait peser lourd dans l’issue du scrutin.
Dans ce contexte, la question des alliances à gauche devient plus délicate. L’affaire lyonnaise dépasse le cadre judiciaire pour devenir un enjeu politique local. En assumant publiquement ses relations avec la Jeune Garde, Sébastien Delogu prend le risque d’alimenter les critiques, mais choisit de ne pas céder sur sa ligne.


