Municipales 2026 : les alliances divisent les électeurs à gauche comme à droite

À une semaine du premier tour des élections municipales, les électeurs apparaissent partagés sur les alliances politiques possibles entre les deux tours. Selon le baromètre OpinionWay SFIL pour « Les Échos » et Radio Classique, ces rapprochements suscitent des divisions jusque dans les propres camps politiques.

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Les Français semblent prêts à retourner aux urnes pour les municipales. D’après la troisième vague du baromètre OpinionWay SFIL pour « Les Échos » et Radio Classique, l’indice de participation pour le premier tour atteint 63 %.

Un niveau qui marquerait un retour à la normale après le scrutin particulier de 2020, fortement perturbé par la pandémie de Covid. « On retrouverait alors un niveau de participation plus traditionnel pour des municipales et cela confirmerait l’accident de 2020 lié au Covid », analyse Bruno Jeanbart, vice président d’OpinionWay.

Le contexte international pourrait toutefois peser sur la campagne. La guerre en Iran a momentanément éclipsé le débat politique national, même si les campagnes locales continuent de s’organiser.

Une participation très variable selon les profils

Comme souvent lors des élections locales, la participation devrait varier fortement selon les catégories d’électeurs. Elle apparaît plus élevée dans les petites villes que dans les grandes agglomérations.

Selon l’enquête, l’intention de participation atteint 67 % dans les communes de petite taille, contre 59 % dans les grandes villes.

L’écart est encore plus marqué selon l’âge. Seuls 39 % des 18 24 ans disent avoir l’intention de voter, contre 82 % chez les 65 ans et plus.

En revanche, l’envie de participer au scrutin reste relativement homogène entre les électorats des différentes formations politiques, allant de 70 % chez les sympathisants de La France insoumise à 79 % chez ceux des Républicains.

La campagne nationale moins présente

À l’approche du scrutin, l’influence du contexte politique national semble s’atténuer. Une courte majorité des personnes interrogées, 51 %, estime encore que la situation nationale comptera dans leur vote.

Mais ce chiffre recule nettement par rapport au mois précédent. Dans le même temps, 45 % des électeurs affirment désormais que les enjeux nationaux n’influenceront pas leur choix.

Pour Bruno Jeanbart, ce phénomène traduit un recentrage sur les enjeux locaux. « Avec la guerre en Iran, le débat national a disparu ; les listes sont aussi désormais connues. À une semaine du scrutin, cela relocalise l’élection. »

Les alliances, sujet le plus sensible de la campagne

La question des alliances entre partis après le premier tour apparaît en revanche particulièrement clivante.

Interrogés sur une éventuelle alliance entre La France insoumise, le Parti socialiste et les écologistes, les Français y sont majoritairement opposés. Selon le sondage, 69 % des personnes interrogées ne souhaitent pas ce type de rapprochement, contre 26 % qui y sont favorables.

Au sein même de la gauche, les opinions divergent fortement. Chez les sympathisants socialistes, l’électorat apparaît presque parfaitement partagé, avec 50 % opposés à ces alliances et 49 % favorables.

Les électeurs écologistes et ceux de La France insoumise y sont en revanche largement favorables, respectivement à 71 % et 76 %.

La droite également divisée

Les alliances potentielles entre le Rassemblement national et Les Républicains suscitent elles aussi des tensions.

Dans l’ensemble de l’opinion, 61 % des personnes interrogées rejettent l’idée d’un tel rapprochement, contre 34 % qui y sont favorables.

Mais là encore, les électorats concernés apparaissent divisés. Une courte majorité de sympathisants LR, 52 %, se dit favorable à une alliance avec le RN, tandis que 46 % s’y opposent. Chez les électeurs du Rassemblement national, 67 % souhaitent ce type de rapprochement.

« C’est un sujet très sensible », souligne Bruno Jeanbart. Selon lui, « c’est l’électorat de la frange radicale qui est le plus favorable à ces alliances et la frange la plus modérée qui est la plus divisée ».

La sécurité reste la priorité des électeurs

Malgré ces débats politiques, les priorités des Français pour ce scrutin local restent relativement stables depuis le début de la campagne.

La sécurité arrive en tête des préoccupations citées par les électeurs, avec 54 % des réponses. Viennent ensuite le cadre de vie et l’environnement, évoqués par 49 % des personnes interrogées.

La question des impôts locaux complète le trio de tête, mentionnée par 40 % des sondés.

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