Coup de théâtre dans la campagne municipale strasbourgeoise. Cem Yoldas, 29 ans, a annoncé mercredi qu’il renonçait à conduire la liste d’extrême gauche « Strasbourg c’est nous », soutenue par le Nouveau parti anticapitaliste. En cause, selon lui, des menaces de mort reçues dans un contexte de fortes tensions politiques.
Cette décision intervient quelques semaines après l’agression mortelle à Lyon du militant nationaliste Quentin Deranque, qui a ravivé les affrontements verbaux et idéologiques entre militants d’ultragauche et d’extrême droite.
« Une lourde décision » pour protéger ses colistiers
Lors d’une conférence de presse, Cem Yoldas a justifié son retrait en évoquant un climat devenu trop dangereux. « Les menaces de l’extrême droite sont aujourd’hui trop grandes. C’est pourquoi nous avons pris la lourde décision de nous retirer des élections municipales afin de protéger les colistières, colistiers et leurs familles », a t il déclaré.
Le jeune militant, ancien porte parole du mouvement antifasciste la Jeune Garde, dissous en juin dernier, a estimé que sa liste aurait été « visée plus particulièrement » en raison de son parcours. « Pendant longtemps j’ai été le porte parole de la Jeune Garde », a t il rappelé, évoquant une « extrême droite totalement en roue libre ».
Renoncer à la bataille électorale constitue selon lui « un échec, une faillite pour notre démocratie, que notre liste ne puisse pas aller au bout ».
Une plainte annoncée et un procès à venir
Cem Yoldas a indiqué son intention de porter plainte contre les auteurs des menaces qu’il dit avoir reçues. Il a également annoncé vouloir engager des poursuites contre la candidate du Rassemblement national à Strasbourg, l’eurodéputée Virginie Joron, à qui il reproche d’avoir diffusé sur les réseaux sociaux son adresse et son lieu de travail d’éducateur spécialisé.
À LIRE AUSSI : Mort de Quentin Deranque : à Marseille, Sébastien Delogu assume ses liens avec la Jeune Garde
Par ailleurs, le candidat renonçant doit comparaître durant l’été devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour des faits de violences commis en 2023 lors d’un affrontement avec des militants nationalistes. Une vidéo de l’altercation circule sur les réseaux sociaux.
Interrogé sur cette procédure, Cem Yoldas a affirmé : « Les faits qui me sont reprochés, c’est (…) de m’être défendu contre des militants d’extrême droite ». Il a ajouté : « Si je suis condamné, ce qui n’est pas du tout sûr, je porterai cette condamnation comme une médaille », estimant que « se défendre face à l’extrême droite ne devrait pas être criminalisé », alors que « l’État ne fait rien contre les milices d’extrême droite ».


