Il est environ 17h40, ce dimanche 5 avril, lorsque le vol EJU4874 amorce sa phase finale d’approche vers l’aéroport de Paris-Orly. À quelques instants de l’atterrissage, le commandant de bord aperçoit des étincelles et des panaches de fumée au sol, à proximité de la piste qui lui est assignée. Une situation suffisamment inhabituelle pour déclencher immédiatement une procédure de sécurité.
Le pilote décide alors de remettre les gaz. L’appareil reprend de l’altitude, effectue un circuit d’attente, avant d’être redirigé vers une autre piste où il pourra finalement se poser sans incident.
Une manœuvre de précaution face à des signaux inhabituels
Dans un communiqué, EasyJet précise que le commandant de bord a « observé ce qui ressemblait à de légers fumigènes ou des feux d’artifice à proximité de la piste assignée lors de l’approche ». La compagnie insiste : « Les tirs de feu d’artifice en question n’ont pas touché l’appareil, ils ont simplement obligé le pilote à remettre les gaz. »
Une source policière confirme que cette décision relève d’une procédure classique en cas de doute. « Les pilotes sont formés pour ce type de situation », souligne la compagnie, rappelant que « la sécurité des passagers n’a à aucun moment été compromise ».
Dans l’intervalle, la piste 25 a été fermée pendant près d’une heure, le temps de sécuriser la zone et de lever toute incertitude.
Des tirs liés à un mariage à proximité des pistes
Rapidement, les premiers éléments de l’enquête orientent vers une origine bien identifiée. Selon le parquet de Créteil, saisi du dossier, les tirs d’artifices auraient été réalisés « par des personnes participant à un mariage », depuis des zones proches des communes d’Ablon-sur-Seine et de Villeneuve-le-Roi.
Les investigations, confiées à la gendarmerie des transports aériens, s’appuient notamment sur des vidéos tournées par des témoins. Elles montrent plusieurs individus à proximité d’un véhicule, utilisant des mortiers d’artifice, sans intention apparente de viser un avion.
Une enquête ouverte pour entrave à la navigation aérienne
Malgré l’absence de blessés et de dégâts, les faits sont pris très au sérieux. Une enquête pour « entrave à la navigation des aéronefs » a été ouverte. Cette qualification pénale vise les comportements susceptibles de perturber ou de mettre en danger le trafic aérien, même sans conséquence directe.
À ce stade, aucun suspect n’a été interpellé. Mais l’incident rappelle la sensibilité extrême des phases d’approche et d’atterrissage, où la moindre perturbation visuelle peut contraindre les pilotes à interrompre une manœuvre.


