Évasion de Villepinte : Ilyas Kherbouch mis en examen après treize jours de cavale

Le jeune homme de 21 ans, évadé en pleine journée grâce à un stratagème impliquant de faux policiers, a été rattrapé puis incarcéré à l’isolement. Son parcours, déjà marqué par des affaires violentes, relance les questions sur les failles du système pénitentiaire.

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Treize jours de cavale, une arrestation sans heurts et désormais un retour derrière les barreaux. Ilyas Kherbouch, évadé spectaculaire de la prison de Villepinte début mars, a été mis en examen à Paris et placé en détention provisoire à l’isolement.

Le jeune homme de 21 ans, connu sous le surnom de « Ganito », a comparu devant un juge des libertés et de la détention. Dans le box, il apparaît fermé, les traits durcis. Apercevant les journalistes, il s’agace : « Ils vont encore salir mon image. »

Une évasion construite sur un scénario crédible

Les faits remontent au 7 mars. En pleine journée, trois individus se présentent à la maison d’arrêt de Villepinte. Deux d’entre eux se font passer pour des policiers venus extraire un détenu pour une garde à vue, documents judiciaires falsifiés à l’appui.

Le dispositif fonctionne. Sans violence, Ilyas Kherbouch quitte l’établissement pénitentiaire comme s’il s’agissait d’une procédure ordinaire. Ce n’est que quarante-huit heures plus tard, au terme du délai théorique de garde à vue, que l’absence du détenu suscite l’inquiétude.

Cette évasion, exécutée sans heurts mais avec une préparation minutieuse, met en lumière les vulnérabilités du système, notamment dans les procédures d’extraction de détenus.

Une cavale brève, une arrestation sans violence

Après près de deux semaines de fuite, Ilyas Kherbouch est finalement interpellé dans les Pyrénées-Orientales, à Canet-en-Roussillon. Il est arrêté aux côtés de sa compagne, ancienne surveillante pénitentiaire, dont le rôle exact reste à éclaircir.

Selon son avocate, May Sarah Vogelhut, le jeune homme n’a opposé aucune résistance lors de son interpellation, adoptant « une passivité totale ». Elle insiste sur le fait qu’il « a prouvé qu’il n’était pas dangereux » dans le déroulé de son évasion comme lors de son arrestation.

Au total, les juges d’instruction l’ont mis en examen pour une série d’infractions lourdes, parmi lesquelles évasion en bande organisée, faux en écriture publique, corruption ou encore association de malfaiteurs.

Un profil déjà marqué par des affaires violentes

Derrière cette évasion spectaculaire, le profil d’Ilyas Kherbouch est déjà bien connu des services judiciaires. Il est notamment impliqué dans plusieurs affaires de home-jackings violents, qui ont contribué à sa notoriété.

Il est également soupçonné d’avoir joué un rôle dans un cambriolage visant le domicile du gardien du Paris Saint-Germain Gianluigi Donnarumma. Dans ce dossier, il est accusé d’avoir exercé des pressions sur un complice présumé, décédé en détention.

Dans son entourage, certains décrivent un jeune homme impulsif, animé par une forte volonté de reconnaissance. « Avec cette évasion, il a voulu marquer l’histoire », confie l’un de ses proches.

« Les dix plus beaux jours de sa vie »

Durant sa cavale, Ilyas Kherbouch aurait exprimé un sentiment inattendu. Selon son avocate, il lui aurait confié avoir vécu « les dix plus beaux jours de sa vie ».

Une déclaration qui éclaire en creux un parcours marqué par l’enfermement. Depuis l’adolescence, le jeune homme n’aurait connu que de brèves périodes de liberté.

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