Pâques et Pessah sous haute sécurité, l’État appelle à la « vigilance maximale »

Dans un contexte de tensions internationales et de menace terroriste élevée, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez demande aux préfets de renforcer la protection des lieux de culte à l’approche des fêtes religieuses.

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À quelques jours des célébrations de Pâques et de Pessah, le ministère de l’Intérieur hausse le ton. Dans un télégramme adressé aux préfets et aux forces de sécurité, Laurent Nuñez appelle à une « extrême vigilance » sur l’ensemble du territoire, en particulier autour des lieux de culte et des rassemblements religieux.

Cette alerte intervient dans un climat jugé particulièrement sensible. Les fêtes chrétiennes et juives se déroulent cette année dans un contexte de « regain très net de tensions au plan international » et de niveau « élevé de la menace terroriste » en France, souligne le ministre.

Des célébrations concentrées et exposées

Le calendrier concentre les risques. Pessah débute le 1er avril au soir pour s’achever le 9 avril, tandis que Pâques sera célébrée le 5 avril par les catholiques et protestants, avec des offices dès la veille au soir. Les orthodoxes fêteront de leur côté la résurrection du Christ le 12 avril.

Autant de rassemblements simultanés, souvent très fréquentés, qui mobilisent fortement les forces de l’ordre. Le ministre demande de « porter tout particulièrement attention » aux offices et événements qui « concentrent des publics nombreux en certains lieux et à certaines heures ».

Cette configuration, classique mais toujours sensible, est d’autant plus surveillée qu’elle peut constituer une cible privilégiée. Les autorités redoutent notamment des actes isolés, dans un contexte de menace diffuse et persistante.

Une pression sécuritaire nourrie par les chiffres

Les données du renseignement territorial viennent alimenter cette inquiétude. En 2025, 1320 actes antisémites ont été recensés. Un chiffre en baisse de 16 % par rapport à 2024, mais qui reste historiquement élevé. « Sur les vingt-cinq dernières années, les actes antisémites n’ont jamais été aussi élevés que les trois dernières années », souligne Laurent Nuñez.

Ces actes représentent à eux seuls « 53 % de l’ensemble des faits antireligieux » en France, illustrant une concentration préoccupante des violences visant la communauté juive.

Parallèlement, les actes antichrétiens progressent. En 2025, 843 faits ont été recensés, soit une hausse de 9 % sur un an. Une évolution qui pousse le ministère à étendre la vigilance à l’ensemble des lieux de culte, sans distinction.

Une stratégie de présence et de dissuasion

Face à ces risques, la doctrine reste inchangée : visibilité maximale des forces de sécurité et coordination renforcée avec les autorités locales. Préfets, policiers et gendarmes sont appelés à adapter les dispositifs en fonction des affluences attendues.

Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre plus large du plan Vigipirate, maintenu à un niveau élevé depuis les attaques du 7 octobre 2023 et leurs répercussions en France. Elle repose notamment sur des patrouilles renforcées, des contrôles accrus et une attention particulière aux signaux faibles.

En filigrane, le message est clair : éviter toute faille dans un moment où les rassemblements religieux, par leur symbolique et leur visibilité, deviennent des points de tension potentiels.

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