Lucas Polidet à Doha – Dans la douceur nocturne qatarie, Arthur Fils a joué juste, fort et sans trembler. Opposé à l’un des jeunes joueurs les plus explosifs du circuit, le Français a livré un match plein, maîtrisé dans les moments clés, pour décrocher la première finale de sa saison. Une performance qui prend une dimension particulière au regard de son retour récent après une fracture de fatigue au dos qui l’avait éloigné des courts pendant plusieurs mois.
Un premier set sous contrôle
Dès les premiers échanges, Arthur Fils a affiché des intentions claires. Prendre la balle tôt, imposer sa cadence et empêcher Jakub Mensik d’installer son jeu de percussion. Le plan a fonctionné. Le Français a su mettre la pression sur les mises en jeu du Tchèque et saisir l’ouverture au moment opportun pour breaker.
Au service, il a été d’une grande solidité. Peu de points concédés, des premières balles efficaces et une capacité à accélérer dès le deuxième coup. Jakub Mensik, pourtant réputé pour sa puissance et sa qualité de frappe, a souvent été contraint de défendre, loin de sa zone de confort. Arthur Fils a gardé l’avantage jusqu’au bout de la manche, sans jamais laisser filer son avance.
La résistance dans le bras de fer
La deuxième manche a changé de tonalité. Jakub Mensik a haussé le curseur, multipliant les coups gagnants et les prises de risque. Arthur Fils a dû faire face à plusieurs balles de break. Il les a effacées avec autorité, s’appuyant sur son service et un mental déjà très affirmé pour son âge.
Le tie break a cristallisé la tension. Dans ce moment où tout peut basculer, le Français a pris les devants. Plus lucide, plus constant, il a rapidement creusé l’écart. Malgré un retour tardif du Tchèque, Arthur Fils n’a pas flanché et a conclu avec maîtrise. Une victoire en deux sets, nette dans l’attitude et forte dans le contenu.
Ce succès a d’autant plus de valeur que Jakub Mensik arrivait en confiance, fort d’une série positive et d’un exploit marquant face à un membre du top mondial au tour précédent. Arthur Fils a su couper l’élan de son adversaire et l’obliger à jouer en réaction.
Un choc face au patron du circuit
La récompense est à la hauteur de la performance. En finale, Arthur Fils retrouvera Carlos Alcaraz, numéro un mondial et référence actuelle du circuit. L’Espagnol, toujours invaincu depuis le début de la saison, a confirmé son statut tout au long de la semaine à Doha.
Les confrontations précédentes penchent en faveur de Carlos Alcaraz, mais Arthur Fils a déjà montré qu’il pouvait le pousser dans ses retranchements. Cette finale constitue un test grandeur nature. Elle dira si le Français peut, dès son retour, rivaliser sur la durée avec le meilleur joueur du monde.


