Arthur Polidet à Doha
Il y avait l’espoir d’un duel. Il n’y a eu qu’une leçon. Sur le court central du Khalifa International Tennis and Squash Complex, Carlos Alcaraz a imposé une intensité et une précision telles qu’Arthur Fils n’a jamais pu entrer dans sa finale. Cinquante minutes, deux sets à sens unique, et un trophée de plus dans l’escarcelle de l’Espagnol.
Le contraste était brutal. D’un côté, un Français de retour au premier plan après huit mois d’arrêt, auteur d’une semaine solide et prometteuse. De l’autre, un numéro un mondial en pleine maîtrise, déjà invaincu en 2026 avant cette finale.
Une entame qui donne le ton
Le match a basculé dès les premiers jeux. Breaké d’entrée, Fils a immédiatement été contraint de courir après le score. Alcaraz, lui, a installé son emprise sans forcer le trait. Peu de déchets, une qualité de première balle élevée, et surtout un jeu de jambes exceptionnel.
Dans les échanges, l’Espagnol a systématiquement pris le dessus. Il absorbait la puissance du Français pour la rediriger avec une profondeur et une précision chirurgicales. Fils, cherchant à accélérer, a multiplié les fautes directes, notamment en coup droit. Le premier set s’est envolé 6-2 en à peine plus de vingt minutes.
La statistique était éloquente : très peu de coups gagnants côté français, un différentiel négatif sur les points importants, et une incapacité à installer la moindre pression durable sur le service adverse.
Alcaraz au-dessus dans tous les compartiments
La seconde manche a suivi le même scénario. Break rapide, rythme imposé, et aucune fenêtre laissée à l’adversaire. Mené 3-0, Fils a laissé éclater sa frustration en fracassant sa raquette. Le geste traduisait l’impuissance face à un joueur qui semblait un cran, voire deux, au-dessus.
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Alcaraz a dominé dans tous les secteurs. Service solide, retours agressifs, transitions défense-attaque fulgurantes. Même lorsque le Français parvenait à prendre l’initiative, la contre-attaque espagnole faisait mouche. La balle de match, conclue sur un passing en extension, a symbolisé la différence de niveau du jour.
6-2, 6-1, rideau.
Un titre de plus, une série intacte
Avec ce succès, Carlos Alcaraz décroche un nouveau titre en ATP 500 et prolonge son invincibilité cette saison. Déjà titré en début d’année, il confirme qu’il est l’homme à battre sur dur extérieur. Son évolution est visible : plus patient, plus constant, toujours explosif mais désormais capable de gérer parfaitement le tempo d’une rencontre.
Il n’a concédé qu’un seul set durant la semaine à Doha et a balayé la finale avec une autorité rare. Depuis un an, l’Espagnol a ajouté une dimension tactique à son arsenal physique. Il ne se contente plus d’attaquer, il construit, il contrôle.
Fils, des motifs d’espoir malgré tout
La défaite est sévère, mais la semaine d’Arthur Fils ne doit pas être effacée par ce score. Pour son troisième tournoi depuis son retour de blessure, atteindre la finale d’un ATP 500 constitue un signal fort. Il a battu des joueurs installés, tenu l’intensité sur plusieurs tours et montré une stabilité nouvelle, notamment en revers.
Face à Alcaraz, l’écart était manifeste. Mais à vingt et un ans, après une longue absence, Fils a rappelé qu’il possédait les armes pour s’installer durablement dans le haut du classement. Cette finale, même perdue, vaut apprentissage.


