« Je voulais juste être meilleur » : Stan Wawrinka, l’adieu sans nostalgie à Monte-Carlo

Pour sa dernière participation au Masters de Monte-Carlo, le Suisse a été battu par Sebastian Baez (7-5, 7-5). Une élimination dès le premier tour, qui sonne comme un passage de témoin pour l’ancien vainqueur de l’édition 2014.

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Il n’y aura pas eu de dernier frisson, ni de parcours inattendu. Simplement un match accroché, perdu en deux sets, et une sortie sous les applaudissements. Pour Stan Wawrinka, Monte-Carlo s’est refermé comme s’ouvrent souvent les fins de carrière : sans éclat particulier, mais avec une forme d’évidence.

Quelques minutes plus tard, en conférence de presse, le Suisse ne s’attarde pas sur la défaite. Il parle du public, d’abord. « Je suis heureux d’avoir eu l’opportunité de jouer une dernière fois ici. L’ambiance était encore incroyable, le soutien était incroyable. » Rien de grandiloquent. Juste la reconnaissance d’un moment.

Une tournée d’adieux sans relâchement

À 41 ans, Stan Wawrinka ne ralentit pas. Au contraire, il déroule un programme dense, presque celui d’un joueur en pleine ascension. Barcelone, Rome, Genève, Roland-Garros, Wimbledon, Gstaad, Estoril, l’US Open, peut-être Cincinnati, puis Bâle, Lyon. Une dernière saison pensée comme une traversée complète du circuit.

Mais l’essentiel est ailleurs. « Je ne planifie rien. Si je veux jouer toute l’année, je dois garder l’état d’esprit d’un compétiteur. » L’idée est claire : refuser le statut d’ancien, continuer à se comporter comme un joueur en quête de victoires.

« Je suis toujours un athlète. Je vais toujours entrer sur le court pour essayer de gagner. » Chez lui, pas de tournée hommage au ralenti. Le désir de performance reste intact.

Le poids du temps, sans concession

Ce refus de céder à la facilité a un coût. Wawrinka ne le masque pas. « À 41 ans, cela demande beaucoup de discipline, d’autodiscipline, de sacrifices. » Ce que le public ne voit pas, insiste-t-il, c’est la charge invisible : préparation physique, récupération, soins, répétition.

« Tout prend un peu plus de temps. » L’entraînement, la récupération, la gestion du corps. Le quotidien devient plus exigeant, parfois plus dur. « Il y a des jours et des semaines qui sont vraiment très difficiles. »

Mais la phrase qui suit résume tout : « Au final, ça en vaut la peine. » Parce que la motivation ne vient pas d’un objectif extérieur, mais d’un rapport intime au jeu.

Une carrière construite sans obsession des sommets

C’est peut-être là que se joue la singularité de Stan Wawrinka. Dans une époque obsédée par les classements, les records et les comparaisons, il revendique une autre logique.

« Je ne me suis jamais fixé l’objectif de gagner un Grand Chelem ou d’être n°1. Je voulais juste être meilleur. » Une phrase presque paradoxale pour un joueur qui a remporté trois titres majeurs et marqué l’ère du Big Three.

Mais elle éclaire son parcours. Wawrinka ne s’est jamais construit contre les autres, ni à travers eux. Il s’est construit dans le temps long, dans la progression, dans la répétition.

« J’ai grandi dans une ferme et je rêvais de devenir joueur professionnel avec le seul objectif de faire de mon mieux chaque jour. » Le récit est simple, presque brut. Il ne cherche pas à être exemplaire, seulement cohérent.

L’amour du jeu comme ligne de fuite

À mesure que la fin approche, le discours ne change pas. Pas de nostalgie, pas de bilan appuyé. Une seule constante : la passion.

« Ce qui compte pour moi, c’est l’amour du jeu. » C’est elle qui explique la longévité, les retours après blessure, la capacité à continuer malgré les contraintes.

Dans un circuit où les carrières se consument vite, Wawrinka propose une autre lecture : celle d’un engagement durable, construit sur le plaisir autant que sur l’exigence.

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Après des études en Affaires Publiques et à HEC Montréal, Timothé devient journaliste pigiste. Il collabore avec de nombreux médias français depuis Montréal.
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