JO 2026 : en or sur le relais mixte, les Bleus du biathlon lancent leur moisson

Sacrée à Antholz Anterselva, l’équipe de France a décroché la première médaille d’or tricolore des Jeux de Milan Cortina sur le relais mixte. Un succès maîtrisé, qui confirme la densité et l’ambition du collectif français.

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La Française Julia Simon a franchi la ligne avec une avance considérable sur l'Italie pour offrir un premier titre aux Bleus lors de ces Jeux. AFP
La Française Julia Simon a franchi la ligne avec une avance considérable sur l'Italie pour offrir un premier titre aux Bleus lors de ces Jeux. AFP

À 1 600 mètres d’altitude, l’air peut se raréfier et les cœurs s’emballer. Dimanche 8 février, sur le site d’Antholz Anterselva, les Bleus ont pourtant abordé leur rendez vous olympique comme une course ordinaire. Sans emphase, sans gestes inutiles. Juste du ski et des cibles blanchies une à une.

Le quatuor composé de Lou Jeanmonnot, Julia Simon, Eric Perrot et Quentin Fillon Maillet a dominé le relais mixte pour offrir à la délégation française sa première médaille d’or des Jeux de Milan Cortina. Derrière, l’Italie a pris l’argent, l’Allemagne le bronze.

Favoris assumés, pression maîtrisée

Partis avec le dossard numéro un, les Français n’ont jamais cherché à masquer leur statut. « On est favoris », avait prévenu l’entraîneur des hommes Simon Fourcade la veille de la course. Une déclaration sans fanfaronnade, mais assumée.

Il faut dire que l’équipe alignée ressemblait à un concentré de palmarès. Eric Perrot et Lou Jeanmonnot, leaders des classements généraux de la Coupe du monde. Quentin Fillon Maillet, quintuple médaillé olympique à Pékin en 2022. Julia Simon, décuple championne du monde.

Sous un soleil éclatant et un vent quasi nul, Eric Perrot a lancé la course avec sérieux, au contact de l’Italien Tommaso Giacomel. Quentin Fillon Maillet a ensuite connu quelques frayeurs au pas de tir, utilisant plusieurs balles de pioche, sans toutefois concéder de tour de pénalité. « Il a merdouillé mais pas merdé », a résumé le directeur des équipes de France Stéphane Bouthiaux, saluant des « nerfs d’acier » et une gestion lucide de la pression.

Jeanmonnot et Simon, la démonstration finale

Transmise avec un peu plus de vingt secondes de retard sur la Norvège, la course a basculé grâce à Lou Jeanmonnot. Impeccable au tir couché, rapide sur les skis, parfaite au tir debout, la Franc Comtoise a inversé la dynamique et creusé l’écart. Au moment de passer le relais, elle offrait à Julia Simon une avance de dix huit secondes.

La Savoyarde n’a rien laissé au hasard. Cinq cibles blanchies au tir couché, un contrôle solide sur les skis, puis un tir debout expédié à cadence impressionnante. Derrière, la Norvège et l’Allemagne ont cédé. Seule l’Italienne Lisa Vittozzi a tenté de s’accrocher, sans jamais revenir à portée.

« Ils ont fait ce qu’ils savent faire, ils n’ont pas fait d’exploit », a commenté l’entraîneur des féminines Cyril Burdet, comme pour souligner la normalité de l’excellence.

Dans l’aire d’arrivée, Quentin Fillon Maillet a laissé couler les larmes. « Il fait beau, on a le public, la famille… C’est ce qui manquait aux Jeux de Pékin », a-t-il confié. Julia Simon, de son côté, a salué « la confiance de la part du staff » après un début de saison marqué par une suspension dans une affaire extra sportive.

Un signal fort pour la suite des Jeux

Ce titre s’inscrit dans une continuité. Déjà en or sur le relais mixte à Pyeongchang en 2018, en argent à Pékin en 2022, les Français confirment leur suprématie sur les formats collectifs, régulièrement validée aussi aux championnats du monde 2024 et 2025.

« C’était la course la plus importante, parce qu’elle va permettre de lancer ces Jeux », a insisté Simon Fourcade. Mais la célébration est restée mesurée. Dès mardi, les courses individuelles s’enchaînent. Dix épreuves restent au programme à Anterselva, soit trente médailles à distribuer.

Dans cette vallée aux allures de carte postale, les Bleus savent que le plus dur commence. Assumer le statut de favoris à chaque départ, transformer la confiance en métal précieux. La première Marseillaise a retenti. Il faudra désormais confirmer.

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