Dimanche soir, la gifle infligée par le Canada à l’équipe de France (10-2) a laissé des traces. Au-delà du score, c’est une séquence musclée qui a marqué la rencontre : l’altercation entre Pierre Crinon et le Canadien Thomas Wilson, conclue par une exclusion des deux joueurs.
Dans un sport où les bagarres font partie de la culture et du folklore, l’épisode aurait pu rester un simple fait de match. Mais la réaction à chaud du Français, jugée provocatrice à sa sortie de la glace, a conduit la Fédération française de hockey sur glace à frapper fort.
Un geste banal dans le hockey, une image jugée incompatible avec les Jeux
Dans les championnats nord-américains, les échauffourées sont presque codifiées. Elles servent parfois à faire basculer une dynamique ou à protéger un coéquipier. « Se battre au hockey, ce n’est pas une anomalie, c’est une tradition », rappelle un ancien international tricolore. « Cela fait partie du jeu, tant que cela reste dans un cadre maîtrisé. »
À LIRE AUSSI : JO 2026 : Rebecca Passler blanchie, l’Italienne réintégrée en pleine quinzaine olympique
Aux Jeux olympiques, cependant, le contexte est différent. La FFHG a estimé que le comportement de Pierre Crinon dépassait la simple altercation sportive. Dans son communiqué, elle évoque une « violation manifeste de l’esprit olympique » et a décidé, en accord avec le Comité national olympique et sportif français, de ne pas l’aligner pour la suite du tournoi.
La Fédération internationale de hockey sur glace, compétente pour les sanctions disciplinaires liées au jeu, n’a pas prononcé de suspension supplémentaire. La décision est donc exclusivement française.
Un coup dur avant le match décisif
Sportivement, la sanction tombe au plus mauvais moment. Battus lors de leurs trois premières rencontres, les Bleus doivent impérativement s’imposer face à l’Allemagne pour espérer prolonger leur aventure olympique.
À LIRE AUSSI : JO 2026 : à Milan Cortina, la fièvre des pin’s transforme les Jeux en immense marché aux souvenirs
Pierre Crinon, défenseur expérimenté, faisait partie des cadres du vestiaire. « On perd un joueur d’impact, un gars qui ne triche jamais », confie un membre du staff sous couvert d’anonymat. « Mais on doit montrer autre chose que de la frustration. »
L’épisode révèle aussi la ligne de crête sur laquelle évoluent les hockeyeurs olympiques : concilier l’intensité physique inhérente à leur sport avec l’exigence d’exemplarité que réclame l’événement planétaire.


