JO d’hiver 2030 : fragilisé, le comité d’organisation lance une mission de stabilisation

Après la démission de deux cadres dirigeants en moins de deux mois, le comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 annonce le lancement d’une mission destinée à clarifier sa gouvernance et à rassurer les parties prenantes, à moins de quatre ans de l’échéance.

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Le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 a reconnu, mardi 27 janvier, la nécessité de revoir son organisation interne. Dans un communiqué, le Cojop a officialisé le lancement d’une « mission d’accompagnement » visant à garantir au projet « une organisation plus lisible, stable et opérationnelle », dans un contexte marqué par des tensions internes et institutionnelles.

Cette annonce intervient après le départ du directeur de la communication, Arthur Richer, et celui de la directrice des opérations, Anne Murac, le 9 décembre 2025. Deux démissions qui ont ravivé les interrogations sur la gouvernance du comité et sur sa capacité à tenir le calendrier des Jeux d’hiver prévus dans les Alpes françaises en 2030.

Le retour en soutien d’Etienne Thobois

Si le communiqué du Cojop ne précise pas l’identité de la ou des personnes chargées de conduire cette mission, le nom d’Etienne Thobois est évoqué. Ancien directeur général des Jeux de Paris 2024, il intervient déjà auprès du comité dans le cadre d’une mission engagée par le Comité international olympique dès la création du Cojop.

Selon une source proche du dossier, cette mission devrait désormais dépasser le simple rôle de conseil. Elle viserait à accompagner plus étroitement la structuration du comité et à proposer des ajustements concrets sur son organisation, son pilotage et ses processus de décision.

La ministre chargée des sports, Marina Ferrari, avait d’ailleurs demandé, dès vendredi, « une clarification rapide et complète sur la gouvernance et la stabilité » du Cojop, après l’annonce du dernier départ.

Une gouvernance sous tension

Lors d’un bureau exécutif réuni lundi, l’ensemble des parties prenantes, Etat, mouvement olympique et paralympique, régions hôtes Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, ont engagé « un échange approfondi sur le fonctionnement et la gouvernance » du comité d’organisation.

La mission annoncée devra formuler des propositions « opérationnelles, budgétairement soutenables et adaptées aux spécificités du projet ». Elle reposera sur un diagnostic comparatif avec « des organisations de référence » et tiendra compte des contraintes propres aux Jeux d’hiver, notamment la dispersion géographique des sites et la complexité logistique associée.

Une phase de « coconstruction » est également prévue, associant les équipes du Cojop, le CIO et les instances internes. Le calendrier fixé prévoit la présentation d’une organisation consolidée après les Jeux de Milan Cortina, lors du bureau exécutif du 19 mars.

Des crispations internes et territoriales

En interne, le départ du directeur de la communication aurait été motivé par un « désaccord sur la stratégie à mettre en place », selon une source proche du comité. D’autres tensions sont évoquées, tant au sein de l’organisation qu’avec les institutions sportives, autour de choix jugés « politiques », « stratégiques » ou « managériaux ».

Ces divergences recoupent également des oppositions territoriales. Des crispations persistent entre certains responsables parisiens et les acteurs locaux des régions hôtes, notamment sur la répartition des responsabilités et de la charge financière du projet.

Président du Cojop, Edgar Grospiron a reconnu l’existence de difficultés, tout en les reliant à l’ampleur du projet. « Si nous rencontrons des difficultés, c’est parce que je porte une ambition des plus élevées », a t il affirmé récemment sur le réseau LinkedIn.

À moins de quatre ans de l’ouverture des Jeux, le lancement de cette mission apparaît comme une tentative de reprise en main. Reste à savoir si elle suffira à restaurer la confiance autour d’un projet déjà sous forte surveillance politique, financière et institutionnelle.

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