Guerre en Ukraine : Kiev annonce le retour de 2000 enfants, « des milliers » toujours retenus en Russie

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky affirme que 2000 enfants ont été récupérés depuis le début de l’invasion russe. Kiev estime qu’environ 20 000 mineurs ont été transférés vers la Russie ou les territoires occupés. La Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine pour « déportation illégale » d’enfants.

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Depuis le début de la guerre, des «milliers» d’enfants sont captifs en Russie et dans les territoires occupés. (Images d’illustration) diy13 / stock.adobe.com
Depuis le début de la guerre, des «milliers» d’enfants sont captifs en Russie et dans les territoires occupés. (Images d’illustration) diy13 / stock.adobe.com

Trois ans après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, la question des enfants transférés vers la Russie demeure l’un des dossiers les plus sensibles du conflit. Mardi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que 2000 enfants avaient pu être ramenés en Ukraine depuis février 2022.

« Nous avons aujourd’hui un résultat significatif : deux mille enfants ukrainiens qui étaient sous le contrôle de la Russie ont été ramenés à la maison », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux. Mais il a aussitôt tempéré ce chiffre : « Le chemin qui reste à faire est long et difficile. Des milliers d’enfants ukrainiens sont toujours captifs en Russie et sont chaque jour les victimes de ses crimes. »

Des chiffres contestés et un dossier central pour Kiev

Kiev affirme qu’environ 20 000 enfants ont été transférés vers la Russie ou les territoires occupés depuis le début de l’offensive russe. Ces données reposent sur des recensements officiels, des signalements de familles et le travail d’ONG ukrainiennes comme Save Ukraine ou le Centre national d’information.

Les autorités ukrainiennes dénoncent une politique systématique de déportation et d’assimilation. Elles évoquent des placements dans des familles russes, des adoptions accélérées, l’attribution forcée de la nationalité russe et des programmes d’« éducation patriotique » visant à effacer l’identité ukrainienne des mineurs concernés.

En mars 2023, la Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine et contre la commissaire russe aux droits de l’enfant, les accusant du crime de guerre présumé de « déportation illégale » et de « transfert illégal » d’enfants ukrainiens. Moscou rejette ces accusations et qualifie la décision de nulle et non avenue.

Moscou invoque la protection des mineurs

Les autorités russes affirment de leur côté avoir évacué des enfants des zones de combat pour les protéger. Elles assurent être prêtes à les restituer à leurs proches lorsque les demandes sont jugées conformes aux procédures établies.

Dans les faits, les retours se font au compte gouttes. Plusieurs rapatriements ont été facilités par des intermédiaires internationaux, notamment le Qatar, qui a joué un rôle de médiation en 2023 et 2024. De petits groupes d’enfants ont ainsi pu retrouver leur famille, souvent après de longs mois de démarches administratives et de vérifications.

Selon les Nations unies, la vérification indépendante du nombre exact d’enfants concernés reste complexe, en raison de l’accès limité aux territoires occupés et à certaines régions de Russie. La mission de surveillance des droits de l’homme de l’ONU en Ukraine a toutefois documenté des transferts forcés et des obstacles au regroupement familial.

Un enjeu juridique et diplomatique majeur

Pour Volodymyr Zelensky, le dossier des enfants constitue un levier central dans la bataille diplomatique contre Moscou. Il est régulièrement évoqué lors des sommets internationaux consacrés à l’Ukraine et figure parmi les points mis en avant dans les discussions sur un éventuel processus de paix.

La question pourrait aussi peser dans d’éventuelles négociations futures. Kiev exige le retour de tous les enfants identifiés comme condition préalable à toute avancée politique durable.

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