L’onde de choc dépasse désormais les frontières mexicaines. Après l’élimination de Nemesio Oseguera, chef du cartel Jalisco Nueva Generación, les États Unis ont demandé à leurs ressortissants présents dans plusieurs régions du Mexique de se mettre « à l’abri jusqu’à nouvel ordre ».
L’ambassade américaine évoque des opérations de sécurité en cours, des barrages routiers et des activités criminelles susceptibles de mettre en danger les civils. Sont concernées des villes touristiques majeures comme Cancún, Guadalajara, Oaxaca ou Puerto Vallarta, ainsi que certaines zones de Basse Californie.
Des scènes de guérilla urbaine
Dans l’État de Jalisco, épicentre du cartel, des bus et des camions ont été incendiés. Des axes routiers ont été bloqués par des hommes armés, une méthode fréquemment utilisée par les groupes criminels pour ralentir les interventions des forces de sécurité.
Ces actions de représailles interviennent quelques heures après l’annonce de la mort d’« El Mencho », tué lors d’une opération militaire. L’armée redoute des réactions en chaîne, notamment dans les bastions du CJNG et dans les États voisins où le groupe est implanté.
Des dizaines de vols annulés
L’impact est immédiat sur le trafic aérien. Plusieurs compagnies américaines, dont United, Southwest, Alaska et American Airlines, ont suspendu leurs liaisons vers Puerto Vallarta, Guadalajara, Manzanillo ou Mazatlan. Certaines rotations ont été annulées alors que les avions étaient déjà en route, contraints de faire demi tour.
À LIRE AUSSI : Mexique : Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », chef du CJNG, tué lors d’une opération militaire
Les transporteurs canadiens Air Canada et WestJet ont pris des mesures similaires. WestJet a dérouté plusieurs appareils et annulé des dizaines de vols supplémentaires au départ ou à destination des zones touchées.
Des dispositifs de modification ou d’annulation sans frais ont été mis en place pour les passagers. Certaines compagnies prévoient également d’envoyer des appareils supplémentaires lorsque la situation sécuritaire le permettra, afin de rapatrier voyageurs et équipages.
Une tension durable ?
La mort d’« El Mencho », pour lequel Washington offrait une récompense de 15 millions de dollars, représente un coup dur pour le CJNG. Mais elle ouvre aussi une période d’incertitude. Les précédents au Mexique ont montré que la disparition d’un chef de cartel peut provoquer des luttes internes pour la succession et une recrudescence des violences.
Pour les autorités américaines comme mexicaines, l’enjeu immédiat est d’éviter l’embrasement dans des zones très fréquentées par les touristes étrangers. Sur le terrain, la priorité reste la sécurisation des grands axes et des aéroports, tandis que les habitants, eux, attendent un retour au calme encore incertain.


