La marche s’est élancée peu après 15 heures depuis la place Jean Jaurès, dans le 7e arrondissement, pour rejoindre la rue Victor Lagrange, à proximité de Sciences Po Lyon, où le jeune homme a été mortellement agressé. Le parcours, long d’environ 1,4 kilomètre, a été encadré par un dispositif policier conséquent composé de CRS, de gendarmes mobiles et de renforts venus d’autres départements.
Selon les chiffres communiqués par la préfecture du Rhône, 3 200 personnes ont participé au rassemblement lyonnais. D’autres mobilisations ont eu lieu à Rennes, Brest, Saint Brieuc et Châteauroux, portant à environ 3 700 le nombre total de participants dans l’Hexagone, d’après une source policière.
Un hommage sous étroite surveillance
Dès la matinée, la préfète du Rhône, Fabienne Buccio, avait annoncé un dispositif renforcé afin de prévenir tout trouble à l’ordre public. Deux drones ont été autorisés pour capter des images du cortège. Les forces de l’ordre ont également été déployées dans les gares et les transports en commun.
Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, avait demandé l’interdiction de la marche, invoquant des risques de violences. Le ministère de l’Intérieur et la préfecture ont finalement donné leur feu vert, estimant que la liberté d’expression devait être garantie sous réserve d’un encadrement strict.
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En tête de cortège, les organisateurs ont appelé à marcher « dans le calme ». Les signes distinctifs manifestant l’appartenance à un groupe politique étaient officiellement interdits. Un service d’ordre d’une centaine de personnes encadrait les participants.
Slogans, tensions et contre manifestants
Plusieurs slogans ont été scandés au départ du cortège, notamment « Justice pour Quentin » et « Antifas assassins ». Au passage du boulevard Yves Farge, des personnes ont crié « Siamo tutti antifascisti », auxquelles des manifestants ont répondu. Les forces de l’ordre sont intervenues pour éviter tout contact entre les groupes.
Sur la façade de l’Hôtel de Région Auvergne Rhône Alpes, un grand portrait en noir et blanc de Quentin Deranque a été déployé. Le sénateur Les Républicains Étienne Blanc a participé à la marche « à titre personnel », selon ses déclarations.
Les parents du jeune homme, par la voix de leur avocat, ont indiqué qu’ils ne prendraient pas part à la manifestation et ont demandé qu’elle se déroule « dans le calme et la retenue », sans récupération politique.
Une interpellation et des signalements
En fin de cortège, une personne a été interpellée pour port d’armes, selon les autorités, qui évoquent la découverte d’un marteau et d’un couteau.
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Dans la soirée, la préfecture du Rhône a annoncé qu’elle saisirait la justice après la diffusion de vidéos montrant des saluts nazis et des propos racistes et homophobes tenus en marge de la marche. Un porte parole a précisé que ces éléments seraient transmis au procureur de la République.
Malgré la dispersion du cortège vers 18 h 15, le quartier autour de Sciences Po Lyon est resté quadrillé par les forces de l’ordre jusque tard dans la soirée.


