Municipales à Paris : Emmanuel Grégoire accuse Emmanuel Macron d’ingérence, l’Élysée dément fermement

En pleine recomposition du paysage politique parisien, Emmanuel Grégoire accuse le chef de l’État d’avoir œuvré en coulisses pour le retrait de Sarah Knafo. Une charge immédiatement rejetée par Emmanuel Macron, qui dénonce des propos « pas sérieux ».

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Emmanuel Grégoire lors du débat télévisé contre ses opposantes mercredi 18 mars. Bertrand Guay/AFP

La campagne des municipales à Paris prend un tour plus conflictuel. Jeudi 19 mars, Emmanuel Grégoire, candidat de l’union de la gauche sans La France insoumise, a affirmé que le président de la République était « personnellement intervenu » pour favoriser le retrait de Sarah Knafo, candidate de Reconquête.

Une accusation frontale, formulée sur Franceinfo, dans un contexte de forte recomposition des alliances à droite comme au centre. Emmanuel Grégoire évoque des démarches menées « auprès d’intermédiaires » liés à l’entourage politique de Reconquête, suggérant une stratégie coordonnée en vue du second tour.

Un retrait qui rebat les cartes à droite

Le retrait de Sarah Knafo, annoncé le 17 mars, intervient après la fusion des listes de Rachida Dati, soutenue par Les Républicains, et de Pierre-Yves Bournazel, proche de la majorité présidentielle. Une recomposition qui resserre le jeu autour de trois blocs principaux dans la capitale.

Avec 10,4 % des voix au premier tour, Sarah Knafo disposait d’un socle électoral susceptible d’influencer l’issue du scrutin. Son retrait modifie donc l’équilibre des forces, en particulier dans un second tour qui s’annonce serré.

Pour Emmanuel Grégoire, ce mouvement ne serait pas le fruit d’une simple décision politique autonome. « Vous croyez que Sarah Knafo s’est retirée pour rien ? », interroge-t-il, dénonçant ce qu’il qualifie de « manœuvres » visant à favoriser une dynamique d’union à droite en vue de l’échéance présidentielle de 2027.

Emmanuel Macron rejette toute implication

En déplacement à Bruxelles pour un sommet européen, Emmanuel Macron a fermement démenti toute intervention. « Ces propos n’ont aucun sens, ils déshonorent un peu la personne qui les dit », a-t-il déclaré, rejetant toute implication dans la campagne parisienne.

Le chef de l’État assure « ne pas intervenir du tout dans ces municipales » et affirme ne pas connaître personnellement Sarah Knafo. Une ligne de défense qui vise à maintenir une distance institutionnelle avec un scrutin local, malgré les enjeux politiques nationaux qu’il cristallise.

Dans son entourage, certains cadres de la majorité reconnaissent toutefois des discussions en faveur d’un rapprochement entre les listes de Rachida Dati et de Pierre-Yves Bournazel après le premier tour, sans évoquer de lien direct avec le retrait de la candidate de Reconquête.

Une bataille politique aux accents nationaux

Au-delà des échanges d’accusations, cet épisode illustre la nationalisation croissante des municipales parisiennes. Emmanuel Grégoire accuse le président de « double discours », dénonçant un écart entre les prises de position publiques contre les « extrêmes » et les stratégies politiques mises en œuvre.

De son côté, Sarah Knafo rejette toute pression. Elle accuse Emmanuel Grégoire de « sombrer dans le complotisme » et assure avoir pris sa décision de manière indépendante. « Je n’obéis à personne », affirme-t-elle, justifiant son retrait par son opposition au programme de la gauche parisienne.

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