La guerre en Iran continue de secouer les marchés pétroliers et place les distributeurs sous pression. TotalEnergies a annoncé prolonger d’une semaine seulement son dispositif de plafonnement des prix du carburant dans ses stations-service en France.
Jusqu’au 7 avril, le groupe maintient un prix maximal de 1,99 euro par litre pour l’essence et de 2,09 euros pour le diesel dans ses 3 300 stations en métropole. Une décision qui illustre l’incertitude extrême sur l’évolution des prix du pétrole, alors que le conflit au Moyen-Orient perturbe les approvisionnements mondiaux.
Une mesure déjà rattrapée par la réalité des prix
Sur le terrain, le plafonnement est déjà mis à l’épreuve. Selon les dernières données publiques, le prix moyen de l’essence en France s’établissait à 1,971 euro le litre fin mars, soit un niveau proche du plafond fixé par TotalEnergies.
En revanche, le diesel a largement franchi ce seuil, atteignant en moyenne 2,189 euros le litre, un record historique. Dans ce cas, la majorité des stations du groupe appliquent effectivement le plafonnement, absorbant une partie de la hausse.
Cette situation reflète une dynamique haussière alimentée par les tensions géopolitiques. Le baril de Brent frôle désormais les 120 dollars, en hausse de plus de 5 % sur une seule séance, et quasiment doublé depuis le début du conflit.
Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions
La flambée des prix s’explique en grande partie par la situation dans le détroit d’Ormuz, point stratégique du commerce énergétique mondial. Toujours perturbé, ce passage clé voit transiter une part essentielle des exportations de pétrole et de gaz.
Si certains flux continuent de circuler, ils le font dans des conditions dégradées, avec des coûts supplémentaires et des risques accrus. Cette instabilité nourrit les anticipations de hausse durable des prix.
Pour les acteurs du secteur, la visibilité est quasi inexistante. Même les majors pétrolières peinent à anticiper l’évolution des marchés à court terme.
Pas de pénurie immédiate, mais des tensions locales
Malgré ce contexte tendu, TotalEnergies se veut rassurant sur l’approvisionnement. Le groupe indique ne pas redouter de pénurie à court terme, tout en reconnaissant des « tensions locales » dans certaines stations.
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Ces perturbations s’expliquent notamment par des comportements d’anticipation des consommateurs, venus faire le plein avant la fin annoncée du dispositif. Le groupe affirme avoir renforcé ses capacités logistiques pour réapprovisionner rapidement les points de vente concernés.
Pression croissante pour élargir les aides
Cette prolongation intervient alors que les appels à un soutien public plus large se multiplient. Après les pêcheurs et les agriculteurs, déjà bénéficiaires d’aides estimées à 70 millions d’euros, d’autres professions demandent des mesures compensatoires.
Les syndicats évoquent notamment les travailleurs dépendants de leur véhicule, comme les soignants à domicile, particulièrement exposés à la hausse des prix du carburant.


