Le conflit social n’a pas paralysé le ciel français. Lundi 6 avril, la compagnie easyJet affirme être en mesure d’assurer « la majorité » de ses vols au départ et à destination de la France, malgré un appel à la grève lancé par l’UNAC.
Selon la direction, le programme de vols peut être tenu « sur la base des personnels qui travailleront », sans nécessité immédiate d’annulations. Une position prudente toutefois : des perturbations ponctuelles restent possibles, et les passagers concernés seront informés au cas par cas.
Un mouvement social centré sur les conditions de travail
À l’origine de la mobilisation, une dégradation jugée continue des conditions de travail. Le syndicat pointe en particulier l’instabilité des plannings, devenue selon lui le principal point de crispation.
Le rejet de l’accord sur les négociations annuelles obligatoires pour 2026, voté par plus de la moitié des salariés concernés, a servi de déclencheur. « Ce que les gens demandent, c’est juste d’avoir des mesures pour leur planning », résume Gaël Leloup, délégué de l’UNAC.
Dans les rangs du personnel navigant commercial, le climat est décrit comme tendu, mêlant fatigue accumulée et sentiment de ne pas être entendu.
Des primes accusées de « casser » la grève
C’est sur ce point que le conflit se durcit. Le syndicat accuse la direction d’avoir recours à des primes exceptionnelles, pouvant atteindre 600 à 700 euros, pour inciter les salariés à ne pas suivre le mouvement.
« Donner des primes pour casser la grève, ça marche », dénonce Gaël Leloup, qui y voit un déséquilibre dans le rapport de force. Une pratique que l’UNAC juge contradictoire avec le refus d’accorder des moyens supplémentaires pour améliorer les conditions de travail.
La direction, elle, ne commente pas directement ces accusations mais met en avant sa capacité à maintenir l’activité.
Un rapport de force asymétrique
Comme souvent dans le secteur aérien, la grève est encadrée par des règles strictes. En France, les déclarations individuelles doivent être connues quarante-huit heures à l’avance, ce qui permet aux compagnies d’anticiper leur organisation.
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Dans ce contexte, easyJet dispose d’une visibilité suffisante pour ajuster son programme de vols. Ni la direction ni le syndicat n’ont communiqué de chiffres précis sur le nombre de grévistes.
Un enjeu stratégique pour la compagnie
Le conflit intervient dans un contexte particulier. La France constitue l’un des marchés clés pour easyJet, deuxième compagnie aérienne du pays en nombre de passagers, derrière Air France.
Ces dernières années, le groupe a renforcé sa présence, profitant de la reprise du trafic après la crise sanitaire et du repositionnement de certains concurrents.
Maintenir son activité, même en période de grève, est donc un enjeu stratégique. Mais le conflit révèle aussi les tensions internes liées à cette croissance rapide.


