Macron en Ariège avant Andorre, avec l’IVG au cœur de la visite

Le chef de l’État entame un déplacement en Ariège consacré à la réindustrialisation et à l’accès aux soins, avant une visite de deux jours en Andorre où la question de l’avortement devrait s’imposer dans les échanges.

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Emmanuel Macron se rend ce lundi en Ariège pour un déplacement centré sur l’industrie et la santé, avant de rejoindre Andorre-la-Vieille, où il restera jusqu’à mardi dans le cadre de ses fonctions de co-prince de la principauté.

Première étape à Lavelanet, où le président doit inaugurer l’usine Occitanie Géotex. Le site produira des géotextiles à partir de fibres végétales locales, notamment de chanvre et de laine, destinés à la construction, aux infrastructures routières et à l’agriculture. L’Élysée y voit un symbole de la stratégie industrielle engagée depuis 2017, évoquant « la politique de réindustrialisation, de relance industrielle (…) menée par le chef de l’État ».

Industrie et santé au cœur de l’étape ariégeoise

Ce déplacement intervient quelques jours après la présentation d’un plan axé sur 150 projets industriels jugés stratégiques. L’exécutif met en avant une volonté d’accélération des procédures, en s’inspirant notamment du chantier de reconstruction de Notre-Dame de Paris.

Le président doit également visiter le site hospitalier de Lavelanet, présenté comme le premier établissement entièrement reconstruit en Occitanie dans le cadre du Ségur de la santé de 2020. L’objectif affiché est de mettre en avant la lutte contre « la faible densité médicale », enjeu central dans les territoires ruraux.

En Andorre, la question sensible de l’avortement

Le déplacement se poursuit en Andorre, où Emmanuel Macron exercera son rôle de co-prince aux côtés de l’évêque d’Urgell, Josep-Lluís Serrano Pentinat. Une tradition instaurée sous Charles de Gaulle veut que chaque président français effectue une visite dans la principauté durant son mandat.

La question de l’interruption volontaire de grossesse devrait s’imposer dans les discussions. Andorre reste, avec le Vatican, le seul État européen à interdire totalement l’IVG, y compris en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la mère. Les femmes et les médecins encourent des peines de prison, même si aucun procès n’a été recensé à ce jour.

Le chef du gouvernement andorran, Xavier Espot Zamora, a récemment affirmé espérer une dépénalisation d’ici un an, sans aller jusqu’à une légalisation complète. Il souligne que cette situation tient à l’organisation institutionnelle du pays : « Ce n’est pas parce que le gouvernement d’Andorre ou la société andorrane sont plus conservateurs (…) mais car un de nos chefs d’État est évêque ».

Une pression politique et européenne croissante

Le président français devrait évoquer le sujet « avec franchise » lors de ses entretiens, selon l’Élysée, qui rappelle qu’il « a toujours défendu le droit des femmes à disposer de leur corps ». La France est devenue en 2024 le premier pays à inscrire ce droit dans sa Constitution.

Au-delà de l’IVG, le déplacement doit aussi aborder l’accord d’association entre Andorre et l’Union européenne, qui devra être soumis à référendum. L’entourage présidentiel assure que Emmanuel Macron « encouragera clairement » son adoption.

Le programme comprend également une visite d’une centrale hydroélectrique, dans laquelle EDF envisage d’investir, ainsi que des déplacements dans des établissements scolaires et au sanctuaire de Meritxell.

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