Section historique créée en 1962, la Semaine de la critique continue de jouer son rôle de laboratoire du cinéma mondial. Réservée aux premiers et deuxièmes longs-métrages, elle a révélé au fil des décennies de nombreux réalisateurs aujourd’hui installés. Pour cette édition 2026, onze films ont été retenus parmi plus de 1 000 visionnés, dont sept en compétition.
Au cœur de la sélection, un thème s’impose : le passage à l’âge adulte. « Le monde est présenté à travers les yeux d’enfants, d’adolescents ou de jeunes adultes », a résumé Ava Cahen, soulignant une ligne éditoriale cohérente et assumée.
Des premiers films pour raconter l’enfance dans un monde en crise
Cette année, plusieurs films explorent des trajectoires individuelles dans des contextes marqués par la guerre, la maladie ou les bouleversements sociaux. The Station, de Sara Ishaq, suit une femme à la tête d’une station-service dans un Yémen en guerre, confrontée à une double pression politique et patriarcale.
Même logique pour Dua, de Blerta Basholli, qui marque la première sélection du Kosovo dans cette section. Le film raconte l’adolescence d’une jeune fille de 13 ans bouleversée par les tensions liées à la guerre avec la Serbie. À travers ces récits intimes, la sélection met en lumière des territoires rarement représentés sur la Croisette.
Une sélection marquée par la diversité des regards et des origines
La compétition réunit sept films venus d’horizons variés. La Chine est représentée par Zou Jing avec A Girl Unknown, récit fragmenté d’une quête identitaire entre enfance et adolescence. L’Irlandais Alexander Murphy propose avec Tin Castle un documentaire sur des familles nomades refusant la sédentarité.
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Le Mexicain Bruno Santamaría Razo signe quant à lui Seis meses en el edificio rosa con azul, un premier long-métrage qui aborde la maladie et l’épidémie de sida à hauteur d’enfant. La France est également présente avec La Gradiva, de Marine Atlan, tandis que la cinéaste espagnole Aina Clotet présente Viva.
Six réalisatrices figurent dans la sélection, dont cinq en compétition pour le Grand Prix, confirmant une tendance à la féminisation progressive de cette section.
« Une volonté de résister ensemble » au cœur des films sélectionnés
Au-delà de la diversité géographique, un fil rouge traverse la sélection. « Ce qu’on a trouvé beau cette année, c’est qu’on voit que le monde va mal, mais il y a quand même dans chaque film une volonté de résister ensemble, avec énormément de vie, même dans les drames », explique Ava Cahen.
Ce motif de résistance collective irrigue des œuvres très différentes, qu’il s’agisse de conflits armés, de marginalité sociale ou de crises sanitaires. Il donne à cette édition une tonalité à la fois sombre et traversée d’espoir.
Hors compétition, une vitrine pour de nouveaux auteurs
Quatre films seront présentés en séances spéciales. Parmi eux, In Waves de Phuong Mai Nguyen ouvrira la section, tandis que Adieu monde cruel de Félix de Givry en assurera la clôture. Julien Gaspar-Oliveri et Pierre Le Gall complètent cette programmation parallèle.
Avec cette sélection, la Semaine de la critique confirme son positionnement singulier au sein du Festival de Cannes : une vitrine pour les nouveaux talents, mais aussi un espace où se dessinent, souvent en creux, les grandes tendances du cinéma mondial.


