L’enquête sur l’explosion de Monaco a désormais un visage. Interpol a publié vendredi 3 juillet une notice rouge visant Anastasiia Berezovska, une Ukrainienne de 39 ans recherchée par les autorités monégasques pour tentative d’assassinat et d’autres chefs d’accusation. Selon l’organisation internationale de police criminelle, la suspecte a les cheveux foncés, parle allemand et porte un tatouage, possiblement en forme de serpent, sur le bras droit.
La jeune femme est soupçonnée d’être liée à l’explosion qui a blessé trois personnes lundi soir, devant un immeuble résidentiel de Monaco. D’après Reuters, les victimes sont l’homme d’affaires d’origine ukrainienne Vadym Yermolaiev, sa compagne et leur fils. Le parquet de Monaco avait indiqué mardi qu’un colis explosif avait été déposé devant le bâtiment où les trois victimes vivent dans un appartement en rez de chaussée.
Une fuite à pied vers la France
Dans les premières heures de l’enquête, les autorités pensaient rechercher un homme. Les images de vidéosurveillance ont depuis orienté les soupçons vers une femme, aperçue avec un bob sombre et des vêtements foncés. Selon Reuters, elle aurait pris la fuite à pied vers la France, dont la frontière avec Monaco ne comporte pas de contrôle systématique.
Les enquêteurs ont émis jeudi un mandat d’arrêt, avant l’activation de la notice rouge d’Interpol. Cette procédure n’est pas un mandat d’arrêt international en soi, mais une demande adressée aux polices du monde entier pour localiser et arrêter provisoirement une personne recherchée, dans l’attente d’une éventuelle extradition.
La piste européenne est désormais privilégiée. Une source judiciaire monégasque citée par Reuters affirme que la suspecte a été repérée en Allemagne, où elle aurait pu se rendre après avoir quitté la Principauté.
Une attaque au colis piégé
L’explosion s’est produite lundi, devant l’immeuble où se trouvaient les victimes, dans une principauté habituellement associée à la sécurité et à la discrétion de ses grandes fortunes. Le dispositif aurait été laissé près de l’entrée avant de détoner au moment du passage de la famille.
À ce stade, les autorités monégasques n’ont pas rendu public le mobile présumé. L’Associated Press indique que l’attaque aurait visé un homme d’affaires ukrainien présenté comme ayant des liens avec la Russie, mais l’enquête reste ouverte et les qualifications retenues devront encore être précisées par la justice.
Dans ce dossier très sensible, les enquêteurs français et monégasques travaillent en coordination. La configuration des lieux, enclavés dans le territoire français, rend la coopération policière indispensable, surtout depuis que la suspecte présumée semble avoir quitté Monaco quelques minutes après les faits.
Une affaire très surveillée à Monaco
Pour la Principauté, l’affaire est d’autant plus spectaculaire qu’elle touche un territoire où la criminalité violente reste rare et où les dispositifs de vidéosurveillance sont nombreux. Les autorités devraient communiquer de nouveaux éléments dans la journée de vendredi, selon Reuters.


