Le bilan sanitaire de la canicule commence à se dessiner, et il est déjà préoccupant. Dans son dernier point, Santé publique France rapporte une hausse de 29,1 % des décès, correspondant à 2 025 morts supplémentaires par rapport à la semaine précédente. L’agence prévient toutefois que cette estimation reste incomplète, car elle repose uniquement sur les certificats électroniques de décès, qui ne représentent qu’un peu plus de la moitié des décès enregistrés dans le pays.
Cette progression intervient après un épisode de chaleur d’une intensité inhabituelle pour un début d’été. Depuis la fin juin, plusieurs régions ont connu des températures très élevées, avec des nuits tropicales dans de nombreuses villes, empêchant les organismes de récupérer. Les autorités sanitaires soulignent que l’effet de la chaleur sur la mortalité peut se prolonger plusieurs jours après le pic des températures.
Une mortalité encore difficile à mesurer
Dans l’immédiat, Santé publique France insiste sur la prudence. Les certificats électroniques permettent de détecter rapidement une tendance, mais ils ne donnent pas encore une photographie complète de la mortalité nationale. Le bilan définitif ne pourra être établi qu’une fois l’ensemble des certificats de décès consolidé.
Cette limite statistique est importante, car les décès à domicile et ceux enregistrés dans certaines zones moins numérisées peuvent apparaître avec retard. L’agence avait déjà signalé une hausse marquée des décès à domicile pendant l’épisode, avec une progression particulièrement visible dans plusieurs régions, dont l’Ile de France, la Nouvelle Aquitaine, la Bretagne, le Centre Val de Loire, la Normandie et les Pays de la Loire.
Les personnes âgées restent les plus exposées. Selon les premières données de Santé publique France reprises par « Le Monde », les plus de 65 ans représentaient environ 85 % des décès observés lors des journées les plus critiques.
Les hôpitaux et les services funéraires sous tension
Dans les services d’urgence, l’épisode a provoqué une hausse des prises en charge liées à la chaleur, notamment pour déshydratation, malaise, hyperthermie ou aggravation de pathologies existantes. Le gouvernement a maintenu un haut niveau de vigilance sanitaire, alors que plusieurs hôpitaux ont signalé une forte pression sur leurs capacités d’accueil.
Cette tension ne concerne pas seulement les soignants. Dans plusieurs territoires, les services funéraires ont aussi été sollicités par la hausse rapide du nombre de décès. La situation rappelle que la canicule est rarement un événement seulement météorologique : elle pèse d’abord sur les personnes isolées, les malades chroniques, les personnes âgées et les habitants de logements mal adaptés à la chaleur.
Un signal d’alerte avant la suite de l’été
Alors que le mois de juillet ne fait que commencer, ce premier bilan relance la question de l’adaptation du pays aux épisodes de chaleur extrême. Santé publique France rappelle que les effets sanitaires des fortes températures ne se limitent pas aux journées placées en vigilance rouge, mais peuvent s’étendre à l’ensemble des périodes de chaleur intense.
La consolidation des chiffres dira si la mortalité réelle dépasse nettement ce premier bilan. Mais l’alerte est déjà claire : avec plus de 2 000 décès supplémentaires observés sur une semaine, même sur une base encore incomplète, la canicule de juin s’impose comme l’un des premiers grands chocs sanitaires de l’été.


