Deux heures et demie de sommeil par nuit, parfois moins. Une dizaine de cafés quotidiens pour tenir et des interventions télévisées qui s'enchaînent. Lorsque les bombardements débutent à Téhéran, le 28 février 2026, Siavosh Ghazi se trouve au cœur de la capitale iranienne. Pendant quarante jours, le correspondant de RFI et France 24 continue à informer les médias francophones, malgré les frappes et les restrictions imposées par les autorités.
Dans « Carnet de guerre : 40 jours dans Téhéran sous les bombardements », publié le 2 juillet, le journaliste franco-iranien revient sur cette période exceptionnelle. Installé en Iran depuis 1998, il raconte les conditions dans lesquelles il a dû travailler, mais aussi les réactions d'une population confrontée à la guerre.
« Quarante jours à vivre pratiquement sans sommeil »
Le quotidien décrit par Siavosh Ghazi est éprouvant. Couché vers deux heures du matin, réveillé avant l'aube, il doit préparer ses directs tout en recueillant des informations dans une ville sous les bombes.
À la fatigue s'ajoutent les contraintes du régime iranien. Dans un pays où la liberté de la presse est sévèrement limitée, les journalistes doivent composer avec la surveillance des autorités et les difficultés d'accès aux informations.
Le témoignage permet surtout de découvrir l'envers des interventions télévisées. Derrière quelques minutes d'antenne se cachent des heures de travail, des vérifications parfois impossibles et la crainte permanente d'une nouvelle frappe.
Une population prise entre le régime et les bombardements
Au-delà de son expérience personnelle, Siavosh Ghazi s'intéresse aux réactions des Iraniens. La guerre révèle les divisions d'une société dont une partie rejette la République islamique sans pour autant soutenir les interventions militaires étrangères.
Le journaliste décrit également les inégalités entre ceux qui peuvent quitter la capitale et ceux qui doivent rester, ainsi que les efforts des habitants pour maintenir une vie quotidienne malgré les bombardements.
« Je témoigne de ce que je vois, ni plus ni moins, sans céder ni aux pressions du pouvoir ni aux attentes de ceux qui voudraient que je raconte une autre histoire », explique-t-il dans la présentation de son ouvrage.
C'est toute la difficulté de son métier : informer depuis un pays en guerre, sans devenir le relais du régime iranien ni celui de ses adversaires. Un exercice particulièrement délicat lorsque les possibilités de vérification sont limitées et que chaque camp cherche à imposer son récit.
« Carnet de guerre : 40 jours dans Téhéran sous les bombardements », Siavosh Ghazi, éditions First, 16,95 euros.






