L’affaire, qui avait provoqué l’arrêt brutal du tournage en 2018, refait surface. Selon plusieurs éléments versés au dossier, une expertise ADN a confirmé la présence de traces génétiques sur le legging porté par Candide Renard au moment des faits. La jeune femme accuse depuis l’origine Eddy Guyot d’attouchements nocturnes lors du tournage de l’émission Koh-Lanta, produite par TF1.
À l’époque, la production avait pris une décision exceptionnelle en interrompant immédiatement le tournage, invoquant un « événement extérieur » puis confirmant l’ouverture d’une enquête judiciaire. Une première dans l’histoire du programme, qui avait marqué durablement l’opinion.
Une trace ADN qui relance l’enquête, sans clore le débat
L’expertise génétique constitue aujourd’hui l’un des éléments les plus concrets du dossier. Elle établit la présence d’ADN d’Eddy Guyot sur le vêtement de la plaignante. Pour la partie civile, cet élément vient corroborer le récit de Candide Renard, qui affirme avoir été victime d’attouchements pendant son sommeil.
Mais la défense conteste fermement cette interprétation. Les avocats du candidat évoquent une « erreur judiciaire » et insistent sur le fait que la présence d’ADN ne permet pas, en soi, de qualifier juridiquement une agression sexuelle. Ils avancent notamment la possibilité d’un transfert secondaire, c’est-à-dire d’une contamination indirecte des traces.
Ce point est crucial : dans ce type de dossier, la valeur probante d’une expertise dépend largement de son contexte. Une trace ADN peut attester d’un contact, sans pour autant en préciser la nature, ni le moment exact.
Une affaire sans témoin, fondée sur une parole contestée
Depuis 2018, le dossier repose en grande partie sur la confrontation de deux versions. Candide Renard maintient ses accusations, décrivant des attouchements survenus de nuit, dans un cadre où les candidats dormaient à proximité les uns des autres.
Face à elle, Eddy Guyot nie les faits. L’absence de témoins directs complique l’établissement des faits, une situation fréquente dans les affaires de violences sexuelles. La justice doit alors s’appuyer sur un faisceau d’indices : cohérence des témoignages, expertises, éléments matériels.
Dans ce contexte, l’ADN devient un élément central, mais pas décisif à lui seul. Il vient s’ajouter à un dossier où chaque pièce est scrutée et interprétée.
Une enquête longue, à la croisée du judiciaire et du médiatique
Le temps judiciaire a contribué à installer une forme d’incertitude. Huit ans après les faits, l’enquête se poursuit, alimentée par de nouvelles expertises et des auditions complémentaires.
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L’affaire reste également marquée par sa dimension médiatique. Dès 2018, elle avait suscité une forte émotion, notamment en raison de la notoriété du programme et de la réaction immédiate de la production. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de libération de la parole sur les violences sexuelles, où chaque dossier est particulièrement scruté.
Une confrontation de récits que la justice devra trancher
Aujourd’hui, l’expertise ADN ne met pas fin au dossier. Elle le redéfinit. Pour la plaignante, elle constitue un élément de confirmation. Pour la défense, elle reste insuffisante et contestable.
Entre ces deux lectures, la justice doit établir la vérité des faits. Dans un dossier où les éléments matériels sont rares et discutés, la décision reposera sur l’articulation entre expertise scientifique, analyse des témoignages et appréciation globale du dossier.


