L’alerte a été déclenchée en fin de semaine et a immédiatement mobilisé plusieurs services de police en Europe. Des traces de mort-aux-rats ont été détectées dans un pot pour bébé de la marque HiPP, entraînant le rappel en urgence d’un lot de purées « carottes et pommes de terre » vendues dans des supermarchés SPAR en Autriche. L’information a été confirmée par la police locale, après analyse d’un échantillon jugé « positif à la mort-aux-rats ».
L’enquête, désormais transfrontalière, s’étend à plusieurs pays d’Europe centrale, notamment la République tchèque et la Slovaquie, où des produits similaires ont été saisis dans les circuits de distribution.
Une contamination volontaire suspectée
Très rapidement, les autorités ont écarté l’hypothèse d’un défaut de fabrication. « L’incident n’a aucun lien avec la qualité des produits ni avec la fabrication », a indiqué un porte-parole de HiPP, insistant sur le bon fonctionnement des contrôles internes du groupe.
Les premiers éléments de l’enquête orientent vers une intervention extérieure dans la chaîne de distribution. L’agence autrichienne de sécurité alimentaire évoque explicitement une possible tentative d’extorsion, tandis que la police tchèque parle d’un acte attribuable à « un maître-chanteur ».
Ce type de scénario, bien que rare, n’est pas inédit en Europe. Des affaires similaires ont déjà visé des produits de grande consommation, dans lesquelles des individus menaçaient de contaminer des lots pour obtenir de l’argent ou faire pression sur une entreprise.
Des lots ciblés et une diffusion limitée
Selon les autorités, la contamination ne concernerait que certains lots spécifiques, identifiables par un marquage particulier. Les produits incriminés porteraient notamment une étiquette blanche avec un cercle rouge au fond du pot, permettant aux consommateurs de les distinguer.
À ce stade, aucun cas d’intoxication n’a été signalé, et les autorités insistent sur le fait que le risque est circonscrit. L’Allemagne, où la marque est basée, ainsi que d’autres pays de l’Union européenne, dont la France, ne sont pas concernés par ces lots.
Les distributeurs ont néanmoins été appelés à retirer immédiatement les produits suspects, et les consommateurs invités à ne pas les consommer et à les rapporter en magasin.
Une vigilance accrue sur les produits pour nourrissons
Cette affaire intervient dans un contexte déjà sensible pour l’alimentation infantile en Europe. Depuis plusieurs mois, le secteur est secoué par des rappels massifs de laits infantiles contaminés par la céréulide, une toxine produite par certaines bactéries.
Plusieurs groupes, dont Nestlé, Danone et Lactalis, ont été contraints de retirer des produits dans des dizaines de pays. Des cas graves, impliquant des nourrissons, ont été recensés, renforçant la vigilance des autorités sanitaires.
Dans ce contexte, l’affaire des pots HiPP, bien que distincte par sa nature criminelle présumée, contribue à renforcer l’attention portée à la sécurité des produits destinés aux plus jeunes.
Une enquête coordonnée à l’échelle européenne
Les investigations se poursuivent sous coordination policière entre plusieurs pays. Les autorités cherchent notamment à déterminer à quel stade de la chaîne logistique la substance a été introduite, et si d’autres produits pourraient être concernés.
Les services de police n’excluent pas que des messages de menace ou des demandes d’argent aient été adressés à des distributeurs ou au fabricant, même si aucun élément public n’a pour l’instant été confirmé sur ce point.


