Retraite à l’étranger : l’Espagne supplante le Portugal et attire de plus en plus de Français

Longtemps destination phare des retraités européens, le Portugal cède du terrain face à l’Espagne. Coût de la vie, accès aux soins et climat expliquent ce basculement, confirmé par plusieurs études récentes et tendances migratoires.

5 minutes de lecture
Graham Harries/REX

Pendant des années, le Portugal a incarné le rêve d’une retraite au soleil pour de nombreux Français. Fiscalité avantageuse, coût de la vie modéré, cadre de vie attractif : le pays avait su capter une part importante des seniors européens. Mais la donne est en train de changer. Désormais, c’est l’Espagne qui s’impose comme la destination privilégiée, selon plusieurs classements récents, dont celui du cabinet Hoxton Wealth.

Ce basculement s’inscrit dans une évolution plus large des flux de retraités en Europe, où les critères économiques et pratiques prennent de plus en plus le pas sur les seuls avantages fiscaux.

Le Portugal rattrapé par son succès

L’attractivité du Portugal reposait en grande partie sur son régime fiscal des résidents non habituels, qui permettait aux retraités étrangers de bénéficier d’une fiscalité allégée sur leurs pensions. Mais ce dispositif a été progressivement remis en cause.

En 2024, le gouvernement portugais a annoncé la fin de ce régime pour les nouveaux arrivants, dans un contexte de tensions sur le marché immobilier et de critiques internes sur l’inflation des prix du logement. Résultat : le coût de la vie, notamment dans des villes comme Lisbonne ou Porto, a fortement augmenté ces dernières années.

Selon les données de l’institut portugais des statistiques, les prix de l’immobilier ont plus que doublé en une décennie dans certaines zones urbaines, rendant l’installation moins accessible pour de nombreux retraités.

L’Espagne, un compromis économique et sanitaire

Face à cette évolution, l’Espagne apparaît comme une alternative plus équilibrée. Le pays combine un coût de la vie inférieur à celui de la France dans de nombreuses régions, avec des infrastructures solides et un système de santé reconnu.

Le système de santé espagnol est régulièrement classé parmi les meilleurs d’Europe par l’Organisation mondiale de la santé, notamment pour son accessibilité et la qualité des soins. Un critère déterminant pour les retraités.

Autre avantage : une offre immobilière encore relativement accessible en dehors des grandes métropoles. Selon le portail Idealista, les prix au mètre carré restent nettement inférieurs à ceux observés en France dans des régions comme l’Andalousie, la Communauté valencienne ou certaines zones de Catalogne.

Une attractivité renforcée par la qualité de vie

Le climat joue évidemment un rôle central. Avec plus de 300 jours d’ensoleillement par an dans certaines régions, l’Espagne offre des conditions de vie particulièrement attractives pour les seniors. Mais l’attrait ne se limite pas à la météo.

Le pays bénéficie d’un réseau de transports dense, d’une offre culturelle importante et d’un niveau de sécurité globalement élevé. Des éléments qui pèsent dans les choix de localisation à long terme.

Selon Eurostat, l’Espagne fait partie des pays européens où l’espérance de vie est la plus élevée, un indicateur souvent corrélé à la qualité de vie globale.

La France reste une alternative crédible

Si l’Espagne s’impose en tête de certains classements, la France conserve des atouts solides. Dans des régions comme la Bretagne, la Normandie ou le Sud-Ouest, le coût de la vie peut rester compétitif, notamment en comparaison des grandes villes.

Le système de santé français, souvent considéré comme l’un des plus performants au monde, reste un argument majeur pour de nombreux retraités, en particulier ceux qui souhaitent éviter les démarches administratives liées à une expatriation.

Une tendance appelée à se confirmer

Au-delà des classements, les tendances démographiques confirment ce mouvement. Selon les données du ministère des Affaires étrangères, le nombre de Français installés en Espagne a fortement progressé ces dernières années, dépassant les 180 000 inscrits au registre consulaire.

Dans le même temps, la croissance des expatriations vers le Portugal ralentit, notamment depuis les réformes fiscales et la hausse des prix de l’immobilier.

Partager cet article
Laisser un commentaire