L’ancien chef du gouvernement Dominique de Villepin avance sans se déclarer, mais ne cache plus ses intentions. En marge du forum « Normandie pour la paix », à Caen, il a affirmé vouloir être « un candidat du rassemblement », « dès le premier tour », tout en refusant de franchir officiellement le pas. « Il y a un moment pour se déclarer », a-t-il expliqué, citant Charles de Gaulle : « Il faut à la fois des circonstances et une rencontre. »
À 72 ans, Dominique de Villepin s’inscrit ainsi dans la liste croissante des prétendants à l’élection présidentielle, dans une configuration politique particulièrement ouverte.
« Un candidat du rassemblement » dans un paysage éclaté
Le positionnement choisi est clair : se placer au-dessus des clivages traditionnels. Dominique de Villepin affirme vouloir incarner une alternative face à ce qu’il décrit comme une polarisation croissante de la vie politique.
« Il y a deux partis politiques qui tiennent les deux bouts de l’échiquier […], et entre deux, il n’y a rien », a-t-il analysé, visant à la fois Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement national. Une lecture qui lui permet de justifier son ambition de rassemblement, dans un espace central qu’il juge déserté.
Cette stratégie le place potentiellement en concurrence directe avec d’autres figures du bloc central, comme Édouard Philippe ou Gabriel Attal, dont il souligne lui-même l’incertitude des candidatures.
L’expérience internationale comme principal argument
Pour se distinguer, Dominique de Villepin mise sur son parcours. Ancien ministre des Affaires étrangères, il reste associé à son discours de 2003 à l’ONU contre la guerre en Irak, un moment qui a marqué sa trajectoire politique.
« Depuis 2007, le problème, c’est qu’on a successivement eu des gens qui n’avaient ni l’expérience de l’État ni l’expérience du monde », a-t-il déclaré. « Moi, l’avantage, c’est que tout le monde m’a vu dans des situations différentes. »
Dans un contexte international tendu, il estime que cette dimension pourrait redevenir centrale dans le choix des électeurs. Selon lui, les Français s’interrogent désormais sur la capacité d’un futur président à « tenir tête » à des dirigeants comme Donald Trump, une question qu’il juge inédite sous la Ve République.
Une pré-campagne déjà bien engagée
Depuis plusieurs mois, Dominique de Villepin multiplie les déplacements et les prises de parole. À Caen, il a passé près d’une heure à déambuler dans les allées du forum, échangeant avec des lycéens et des acteurs associatifs, dans une séquence très politique.
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Il a également prononcé un discours centré sur la défense du droit international, appelant à le « sauver » dans un contexte de tensions géopolitiques accrues. Une manière de rester fidèle à sa ligne diplomatique tout en installant son positionnement.
Une popularité réelle, mais encore fragile électoralement
Si Dominique de Villepin bénéficie d’une certaine cote de popularité, celle-ci ne se traduit pas encore en intentions de vote significatives. À ce stade, il reste une figure potentielle plus qu’un candidat installé.
L’ancien Premier ministre se dit néanmoins « totalement disponible » pour revenir dans le jeu politique. « Tout le plaisir » qu’il éprouve à « rencontrer les gens et à les écouter » s’inscrit dans une stratégie de terrain classique, à un an de l’échéance.


