Julien Odoul se retrouve une nouvelle fois au centre d’une polémique sur des propos visant les personnes issues de l’immigration. SOS Racisme a porté plainte contre le député de l’Yonne et porte parole du Rassemblement national pour provocation à la haine et injures publiques, après des déclarations prononcées le 12 mars lors d’une réunion publique organisée à Pau dans le cadre des municipales. L’information, révélée par StreetPress, a été confirmée par l’AFP.
Dans un enregistrement audio diffusé par le média d’investigation, l’élu RN affirme qu’une femme aurait « plus de chances de se faire agresser par Mamadou que par Kévin ou Mattéo ». Pour SOS Racisme, cette formule associe un prénom perçu comme africain à une menace criminelle et relève d’une stigmatisation raciale.
Une plainte qui vise des propos tenus en réunion publique
La plainte intervient dans un contexte politique déjà tendu autour du discours sécuritaire du Rassemblement national. Lors de cette réunion à Pau, Julien Odoul entendait dénoncer l’insécurité et défendre les propositions de son parti sur l’immigration, thème central de la stratégie municipale du RN.
Pour l’association antiraciste, le problème ne tient pas seulement au ton de la formule, mais à l’association directe entre origine supposée et dangerosité. SOS Racisme considère que les propos attribués à Julien Odoul relèvent à la fois de l’injure publique et de la provocation à la haine. Le député, qui bénéficie à ce stade de la présomption d’innocence, n’a pas été condamné dans ce dossier.
La procédure vise désormais à déterminer si les propos entrent dans le cadre de la liberté d’expression politique ou s’ils franchissent la limite fixée par la loi sur la presse de 1881, qui réprime les injures et provocations à la haine en raison de l’origine, de l’appartenance ou de la non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.
Le RN de nouveau rattrapé par la question du racisme
Cette affaire tombe au moment où le Rassemblement national cherche à consolider son image de parti de gouvernement, tout en conservant une ligne très dure sur l’immigration et la sécurité. Porte parole du mouvement, Julien Odoul fait partie des visages les plus médiatiques du parti de Marine Le Pen.
L’élu de l’Yonne a déjà été au cœur de plusieurs polémiques liées à l’islam et à l’immigration. En 2019, il avait demandé à une accompagnatrice scolaire voilée de retirer son foulard lors d’une séance du conseil régional de Bourgogne Franche Comté, provoquant une controverse nationale. En 2024, il avait aussi été accusé de propos racistes après une séquence visant la journaliste Nassira El Moaddem, selon plusieurs médias.

