Washington veut étrangler l’Iran pour provoquer la chute du régime

Après près de six mois de guerre, l’administration de Donald Trump veut désormais étrangler l’économie iranienne. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent promet les sanctions « les plus dures de l’histoire » et affirme que cette pression doit conduire à l’effondrement du régime. Leur détail doit être présenté lundi.

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Reuters/Nathan Howard

Après les bombardements, Washington veut faire de l’économie son arme principale contre Téhéran. Donald Trump a annoncé mercredi une campagne destinée à couper l’Iran de ses derniers débouchés commerciaux et financiers, en menaçant de représailles les pays qui continueraient à lui fournir une « bouée de sauvetage ».

Le message a été précisé jeudi par Scott Bessent. « Nous avons le blocus et nous allons avoir les sanctions les plus dures de l’histoire », a déclaré le secrétaire américain au Trésor sur CNBC. « Cela va fonctionner en Iran et nous allons faire s’effondrer ce régime », a t il ajouté.

Les partenaires de l’Iran directement menacés

La nouveauté ne devrait pas seulement résider dans une nouvelle liste d’entreprises iraniennes sanctionnées. Donald Trump promet de s’attaquer à tout pays dont les banques, les entreprises, les aéroports ou les administrations permettraient à Téhéran de continuer à commercer. Des sanctions secondaires pourraient placer les partenaires de l’Iran devant le choix entre le marché américain et leurs relations avec la République islamique.

La Chine est la cible la plus évidente. Elle achetait environ 1,38 million de barils de pétrole iranien par jour en 2025 et reste le premier client de Téhéran. Scott Bessent estime que près de 80 % des exportations pétrolières iraniennes lui sont destinées. Interrogé sur d’éventuelles sanctions contre Pékin, il a refusé de préciser les intentions de Washington, tout en appelant la Chine à coopérer.

Les États Unis veulent aussi fermer les circuits permettant de contourner les sanctions. Depuis juillet, le Trésor a ciblé des sociétés écrans, maisons de change, plateformes d’actifs numériques et réseaux maritimes accusés d’acheminer les revenus pétroliers iraniens. Les Émirats arabes unis, longtemps une porte d’entrée commerciale et financière essentielle, ont suspendu cette semaine leurs transactions avec l’Iran.

Une économie déjà étranglée

L’offensive intervient alors que l’économie iranienne est déjà fortement atteinte par la guerre et le blocus naval américain. Début août, les exportations de brut avaient presque cessé depuis l’île de Kharg, principal terminal pétrolier du pays. Le Fonds monétaire international prévoit une contraction de 5,4 % de l’économie iranienne en 2026.

Washington espère ainsi obtenir ce que des décennies de sanctions n’ont pas permis : forcer Téhéran à céder et, désormais, provoquer l’effondrement du régime. Le pari reste incertain. L’Iran a développé des réseaux de contournement pour écouler son pétrole en Asie et organise une économie de survie faite de rationnement, de contrôle des devises et de baisse des investissements.

Téhéran promet de tenir

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a qualifié la nouvelle offensive de prolongement de politiques ayant déjà « échoué », estimant que Donald Trump cherchait surtout à détourner l’attention des difficultés économiques américaines.

La pression comporte aussi un coût pour Washington et ses alliés. Les cours du pétrole ont bondi de plus de 2 % jeudi, le Brent terminant à 93,78 dollars le baril, au plus haut depuis près d’un mois. Le succès de l’opération dépendra surtout de la capacité des États Unis à convaincre, ou contraindre, les partenaires de l’Iran à appliquer cet isolement. Scott Bessent leur a adressé jeudi un avertissement : « Il est temps pour nos alliés et pour le reste du monde de prendre une décision. »

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