Présidentielle 2027 : David Lisnard veut imposer une primaire à une droite toujours éclatée

David Lisnard remet sur la table l’organisation d’une grande primaire réunissant la droite et le centre. Face à Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau, le maire de Cannes estime qu’aucun prétendant ne dispose aujourd’hui d’une légitimité suffisante pour s’imposer seul.

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David Lisnard appelle à une primaire de la droite et du centre pour désigner un candidat unique à la présidentielle de 2027.

À huit mois de l’élection présidentielle, David Lisnard refuse de laisser les sondages départager seuls les nombreux prétendants de la droite et du centre. Dans une tribune publiée mardi dans « Le Monde », le maire de Cannes et candidat à l’Élysée appelle ses concurrents à accepter une « grande primaire ouverte à tous », avec l’objectif de faire émerger un candidat unique avant le premier tour.

Son constat est sans détour : « Aucun candidat naturel ne s’impose à droite et au centre. Personne ne dispose d’une légitimité présidentielle incontestable. » David Lisnard juge même qu’« aucune dynamique sondagière ne propulsera un candidat gagnant » et compare le premier tour de la présidentielle à une demi finale qui devrait être précédée d’un « quart de finale » entre les différentes sensibilités de son camp.

Édouard Philippe en tête, mais sans distancer ses concurrents

L’offensive intervient au moment où la hiérarchie reste effectivement fragile. Selon le dernier sondage Harris Interactive Toluna pour M6 et RTL, Édouard Philippe recueille 17 % des intentions de vote lorsqu’il est présenté comme seul candidat du bloc central, soit trois points de moins en un mois et exactement autant que Jean Luc Mélenchon. Gabriel Attal se situe entre 14 % et 15 % selon les configurations, tandis que Bruno Retailleau reste sous les 10 %.

Ces rapports de force sont précisément l’argument de David Lisnard. « Être responsable aujourd’hui, c’est comprendre que sans candidat désigné démocratiquement, la droite et le centre ne seront pas en mesure de l’emporter », affirme le président de Nouvelle Énergie. Il redoute que la multiplication des candidatures ne prive son camp du second tour et veut « éviter la division qui fait perdre les élections et la compromission programmatique qui empêchera le redressement du pays ».

Le maire de Cannes invoque également le précédent de 2016. Plus de quatre millions d’électeurs avaient alors participé au premier tour de la primaire de la droite et du centre, finalement remportée par François Fillon. David Lisnard estime qu’un processus comparable permettrait aujourd’hui de conférer au vainqueur « autorité » et « légitimité populaire », davantage qu’un arrangement entre appareils politiques.

David Lisnard veut une primaire plus large que Les Républicains

Le périmètre proposé dépasse largement Les Républicains. David Lisnard souhaite ouvrir le scrutin à tous ceux qui se reconnaissent dans « les principes de liberté, de responsabilité individuelle et d’indépendance nationale ». Il ne demande pas aux perdants de reprendre le programme du vainqueur, mais souhaite qu’ils s’engagent au minimum à respecter le résultat et à ne pas combattre ensuite la candidature désignée.

Cette position prolonge son départ de LR au printemps. David Lisnard avait quitté le parti après avoir dénoncé les modalités choisies pour désigner son candidat à l’Élysée. Les adhérents ont finalement investi Bruno Retailleau avec plus de 73 % des suffrages en avril, mais cette désignation n’a pas résolu la question d’un candidat commun avec le centre.

Bruno Retailleau a d’ailleurs longtemps refusé l’idée d’un processus incluant Renaissance et Gabriel Attal, considérant qu’ils n’appartenaient pas au même espace politique. À l’inverse, plusieurs responsables, dont Gérard Larcher, ont plaidé pour un mécanisme permettant d’éviter l’éparpillement des candidatures.

Une primaire que les principaux candidats ne veulent pas

La principale faiblesse de la proposition reste donc politique : les favoris n’en veulent pas. Édouard Philippe construit depuis plusieurs mois sa propre stratégie de rassemblement et vient encore de recevoir le soutien de Gérald Darmanin. Le garde des Sceaux a annoncé qu’il renonçait à se présenter et appelait les autres prétendants à faire de même, jugeant Édouard Philippe « le mieux placé ».

Gabriel Attal poursuit de son côté sa propre campagne, tandis que Bruno Retailleau dispose désormais d’une investiture formelle de LR. David Lisnard transforme donc la primaire en instrument de campagne autant qu’en proposition d’organisation. « Ceux qui veulent s’y soustraire doivent expliquer ce qu’ils craignent », lance t il à ses concurrents. Il promet pour sa part d’y participer et d’« en respecter le verdict ».

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