Automobile : les marques chinoises plantent leurs enseignes dans toute la France

BYD, MG, Xpeng, Leapmotor ou encore Jaecoo multiplient les concessions dans l’Hexagone. Encore marginales il y a quelques années, les marques automobiles chinoises s’appuient désormais sur les grands distributeurs français pour gagner la bataille de la confiance et faire essayer leurs modèles.

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BYD, MG, Xpeng et Leapmotor accélèrent l’ouverture de concessions en France pour rapprocher leurs modèles des automobilistes.

Elles ne se contentent plus des salons automobiles et des campagnes publicitaires sur Internet. Dans les zones commerciales françaises, les enseignes chinoises s’installent désormais à quelques mètres de Renault, Peugeot, Volkswagen ou Toyota. Au premier semestre 2026, onze marques chinoises avaient déjà immatriculé des voitures neuves en France. Surtout, 74 des 100 principaux groupes français de distribution automobile commercialisent désormais au moins l’une d’entre elles, contre 61 au début de l’année. Sept des dix plus grands distributeurs du pays ont déjà franchi le pas.

Le mouvement commence à apparaître dans les ventes. Entre janvier et juin, les marques chinoises ont immatriculé un peu plus de 41 000 voitures particulières, soit près de 5 % du marché français, contre environ 2,6 % un an plus tôt. En juillet, leur part a même atteint 7,9 %, avec plus de 10 000 véhicules vendus en un seul mois.

Les concessions deviennent l’arme des marques automobiles chinoises

Le défi n’est plus seulement de proposer une voiture moins chère. Les constructeurs chinois doivent rassurer des automobilistes encore peu familiers avec leurs noms, leur fiabilité ou la valeur future de leurs véhicules. Pour y parvenir, ils reprennent une recette très traditionnelle : le concessionnaire de proximité, l’atelier après vente et surtout l’essai routier.

MG Motor dispose déjà d’environ 200 points de vente en France. BYD en revendiquait 90 au début de l’année, Leapmotor dépasse désormais les 130. Xpeng poursuit lui aussi son déploiement et a encore ouvert en juin des concessions à Amiens, Besançon, Douai, Dunkerque, Maisons Alfort, Pontarlier et Quimper.

Leapmotor affiche même l’ambition de placer chaque client à moins de 25 minutes d’un point de vente. À Terville, en Moselle, la marque dispose depuis mai d’un showroom de 200 mètres carrés avec vendeur dédié et centre d’essai. « Nous souhaitions renforcer notre maillage dans la région Grand Est », explique Raphaëlle Holderith, directrice de Leapmotor France. Le site a enregistré ses premières ventes dès son ouverture.

BYD et MG séduisent les grands distributeurs français

L’offensive fonctionne aussi parce que les groupes chinois ne construisent pas leurs réseaux seuls. Ils recrutent des professionnels déjà implantés, disposant de fichiers clients, d’ateliers et d’une réputation locale. Parmi les grands groupes français, certains commercialisent désormais trois ou quatre marques chinoises différentes. MG est présente chez 27 distributeurs du Top 100 de L’Argus, tandis que BYD travaille avec près d’une vingtaine d’investisseurs en France.

Cette stratégie limite l’un des principaux handicaps des nouveaux entrants. Acheter une voiture à 30 000 ou 40 000 euros auprès d’une marque inconnue suppose de savoir où la faire réparer, où trouver des pièces et à qui la revendre quelques années plus tard. En s’installant chez les mêmes concessionnaires que les constructeurs européens historiques, les groupes chinois cherchent à banaliser leur présence.

Les résultats de BYD illustrent cette montée en puissance. Le constructeur avait vendu 5 415 voitures en France en 2024, puis 13 532 en 2025. Au premier semestre 2026, ses immatriculations dépassaient déjà 13 500 unités, soit une progression de 140 % sur un an. MG restait devant avec environ 16 500 véhicules.

L’hybride ouvre une nouvelle porte aux constructeurs chinois

La percée ne repose plus uniquement sur l’électrique. Les droits de douane européens et les règles françaises d’écoscore ont compliqué la commercialisation de certains modèles électriques fabriqués en Chine. Les constructeurs ont répondu en accélérant sur les hybrides rechargeables, qui permettent de toucher des automobilistes encore réticents à abandonner complètement le moteur thermique.

BYD s’est particulièrement engouffré dans cette brèche. En juin, ses Atto 2, Seal U et Sealion 5 occupaient les trois premières places françaises du marché des hybrides rechargeables. Omoda et Jaecoo, arrivées seulement au printemps, approchaient déjà les 4 000 immatriculations au premier semestre.

Les réseaux vont encore s’épaissir dans les prochains mois. Geely recrute de nouveaux distributeurs, Xpeng poursuit ses ouvertures et Leapmotor prépare l’arrivée de nouveaux modèles. Pour les concessionnaires français, longtemps prudents face à ces marques, la question semble désormais moins être de savoir s’il faut vendre chinois que de choisir quelle enseigne installer sur la façade.

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