Iran : Donald Trump mise sur l’asphyxie économique pour rouvrir la voie des négociations

Après six mois de guerre sans victoire décisive, Washington change de méthode. Donald Trump veut désormais isoler financièrement l’Iran, couper ses recettes pétrolières et sanctionner les pays qui continuent à commercer avec Téhéran, avec l’objectif affiché de le contraindre à revenir à la table des négociations.

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Donald Trump mise sur les sanctions pour isoler l’Iran et le contraindre à reprendre les négociations avec Washington.
Donald Trump mise sur les sanctions pour isoler l’Iran et le contraindre à reprendre les négociations avec Washington.

La Maison Blanche cherche désormais à obtenir par les sanctions ce que les opérations militaires n’ont pas permis d’arracher à Téhéran. L’administration de Donald Trump a lancé lundi une nouvelle campagne de pression économique contre l’Iran, en élargissant ses sanctions à près de soixante personnes, entreprises et navires liés au régime. Washington menace surtout désormais les partenaires commerciaux de l’Iran d’être à leur tour coupés du système financier américain s’ils poursuivent leurs échanges avec la République islamique.

Scott Bessent résume le changement de stratégie en une formule : « Nous allons avoir les sanctions les plus dures de l’histoire. » Le secrétaire américain au Trésor présente cette offensive comme le deuxième volet d’un dispositif déjà composé du blocus naval imposé au printemps. Il assure surtout que cette pression économique doit limiter le recours à de nouvelles frappes massives.

Donald Trump veut couper l’Iran du dollar et de ses clients

Le nouveau dispositif ne vise plus uniquement les entreprises iraniennes. Washington veut désormais exercer une pression directe sur tous ceux qui permettent encore à Téhéran de vendre son pétrole, d’acheter des technologies ou de déplacer des capitaux. Les secteurs de l’or, de l’aviation, du transport maritime, des cryptoactifs et des technologies sont particulièrement visés.

Scott Bessent a averti que les États devront progressivement choisir entre leurs relations avec l’Iran et leur accès au système financier dominé par le dollar. L’Irak constitue déjà un cas d’école. Washington a sanctionné plusieurs banques irakiennes et bloqué un transfert de 500 millions de dollars afin d’accroître la pression sur Bagdad, dont les réserves sont en grande partie détenues à la Réserve fédérale de New York.

La Chine reste toutefois le principal test. Pékin demeure le premier acheteur du pétrole iranien et plusieurs entreprises chinoises figurent parmi les nouvelles entités sanctionnées. Donald Trump devra cependant arbitrer entre l’isolement de l’Iran et sa volonté de préserver sa détente commerciale avec Xi Jinping.

L’économie iranienne déjà sous très forte pression

La stratégie américaine intervient alors que l’économie iranienne s’est fortement détériorée depuis le début de la guerre. Le rial a encore chuté ces derniers jours tandis que l’inflation approche désormais 70 %. Les exportations de pétrole sont tombées à environ 534 000 barils par jour en août, contre plus de 800 000 auparavant, notamment sous l’effet du blocus maritime américain.

À Téhéran, les prix de certains produits alimentaires ont doublé ou triplé en un an. Le FMI prévoit une contraction de 5,4 % du PIB iranien en 2026. Cette fragilité nourrit les inquiétudes du régime sur un possible retour de la contestation sociale, alors que le pouvoir d’achat s’effondre et que le chômage progresse.

Donald Trump présente précisément cette vulnérabilité comme la preuve que sa stratégie peut fonctionner. Mais l’objectif réel de Washington reste ambigu. Scott Bessent avait affirmé la semaine dernière vouloir « faire s’effondrer ce régime », tandis que d’autres responsables américains insistent désormais davantage sur la nécessité de pousser l’Iran à négocier.

Téhéran refuse de céder sous les sanctions

L’Iran rejette pour l’instant cette lecture. Le ministère des Affaires étrangères a qualifié les nouvelles mesures américaines d’acte de « grossière illégalité » et de « harcèlement systématique », tout en affirmant que de nombreux partenaires continueraient à commercer avec le pays. Pékin a lui aussi rappelé que ses relations économiques avec Téhéran étaient « légales » et ne devaient pas être entravées par Washington.

La question est surtout de savoir si la pression économique suffira à obtenir des concessions là où plusieurs décennies de sanctions ont échoué. La précédente politique de « pression maximale » lancée lors du premier mandat de Donald Trump avait fortement réduit les exportations iraniennes, sans obtenir de nouvel accord nucléaire. Téhéran avait au contraire accéléré une partie de ses activités nucléaires et développé ses réseaux de contournement.

Washington laisse néanmoins une porte ouverte. Selon plusieurs sources diplomatiques, les sanctions pourraient être levées ou allégées en cas d’accord, tandis qu’Oman et le Pakistan poursuivent leurs efforts de médiation. L’administration américaine espère ainsi transformer l’étranglement économique en levier de négociation, au moment où le conflit militaire semble lui même avoir atteint une forme d’impasse.

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