Si 96 % de la population française est couverte par une complémentaire santé, les niveaux de protection restent très inégaux. Selon la Drees, les organismes ont collecté 46,5 milliards d’euros de cotisations en 2024, en hausse de 8,2 % sur un an, tandis que les prestations versées progressaient de 5,4 %.

La pression sur les budgets transparaît également dans un appel à témoignages de Que Choisir publié en avril 2026. Parmi 4 271 répondants, 98,5 % déclarent une hausse de tarif, de 106 euros par an en moyenne sur les réponses exploitables. Ces résultats ne constituent toutefois pas un sondage représentatif, les assurés mécontents étant davantage enclins à participer.

Derrière les pourcentages, des remboursements inégaux

La lecture des garanties réserve parfois des surprises. Une prise en charge à « 100 % » correspond généralement à la base de remboursement de l’Assurance maladie, et non au prix réellement payé. À 200 %, le remboursement maximal, Sécurité sociale comprise, double cette base, mais peut toujours laisser un reste à charge.

Les conséquences diffèrent considérablement selon les patients. La Drees relève que 45 % d’entre eux n’ont aucun dépassement d’honoraires sur l’année, tandis que les 10 % les plus exposés en supportent 1 440 euros en moyenne. Pour ceux qui consultent régulièrement des spécialistes de secteur 2, une cotisation moins chère ne signifie donc pas nécessairement une facture annuelle allégée.

Hospitalisation et équipements, deux postes décisifs

Pour une hospitalisation, il faut distinguer le remboursement des honoraires, le forfait journalier et celui de la chambre particulière. Cette dernière peut faire l’objet d’un plafond quotidien ou d’une exclusion. Deux contrats présentant une couverture hospitalière comparable peuvent ainsi aboutir à des factures très différentes.

En optique, dentaire et audiologie, la réforme du « 100 % santé » permet l’accès à des équipements sans reste à charge dans des paniers définis, avec un contrat responsable. Hors de ces paniers, les plafonds varient. Selon la Drees, seuls 18 % des acheteurs de lunettes ont choisi une offre « 100 % santé » en 2022.

La comparaison doit donc porter sur les remboursements réellement obtenus, en euros, calculés à partir de devis de soins. Il faut également examiner les plafonds annuels, les délais de carence, les réseaux de soins et les éventuelles exclusions.

Une décision à prendre sur le coût annuel

Le débat sur les tarifs s’est par ailleurs déplacé sur le terrain juridique. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit un gel des cotisations au niveau de 2025, contesté par les organismes complémentaires. Saisi par le Conseil d’État en juillet, le Conseil constitutionnel doit trancher la question.

Pour l’assuré, l’enjeu consiste à comparer douze mois de cotisations aux remboursements attendus, en tenant compte de ses soins habituels et de ceux qui pourraient survenir. La réglementation permet de résilier sans frais un contrat individuel après un an de souscription, à tout moment. De quoi revoir sa couverture lorsque les garanties ne correspondent plus aux besoins.